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La croissance ne peut pas être verte

jeudi, septembre 27th, 2018

[Cet article est une traduction de Why growth can’t be green, de Jason Hickel. Merci à lui de m’avoir permis de le traduire et de le publier.]

Les signes avant-coureurs d’une catastrophe écologique sont maintenant partout. Au fil des dernières années, les journaux les plus sérieux, comme le Guardian et le New York Times, ont publié des articles alarmants sur la surexploitation des sols, la déforestation, l’effondrement des populations de poissons et d’insectes. Ces crises sont dues à la croissance économique globale, ainsi qu’à la consommation qui l’accompagne, qui détruisent l’écosystème terrestre et explosent les curseurs-clés de la planète, ceux que les scientifiques exhortent à respecter pour éviter de déclencher un effondrement.

Beaucoup de décideurs leur ont répondu en poussant vers ce que l’on appelle maintenant la « croissance verte ». Tout ce qu’on a à faire, disent-ils, est d’investir dans de nouvelles technologies, plus efficientes, et de pousser le monde dans la bonne direction ; et nous serons en mesure de continuer à croître tout en réduisant notre impact sur la nature – impact qui est déjà à un niveau non soutenable. En termes techniques, le but est d’arriver à un « découplage absolu » du PIB et de l’utilisation des ressources naturelles, selon la définition des Nations Unies.

Cela ressemble à une solution élégante à ce problème potentiellement catastrophique. Il n’y a qu’un souci : de nouvelles données suggèrent que la croissance verte (aussi connue sous le nom de développement durable) n’est pas la panacée que tout le monde espérait. En réalité, ce n’est même pas le début d’une solution.

La croissance verte est devenue un concept à la mode en 2012, à la conférence des Nations Unies sur le Développement Durable, à Rio de Janeiro. Lors des préparatifs de cette conférence, la Banque Mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’UNEP (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) ont toutes trois produit des rapports en faveur de la croissance verte. Aujourd’hui, c’est une pièce centrale des Objectifs de Développement durable des Nations Unies.

Mais la promesse du développement durable, finalement, semble plus basée sur un vœu pieux que sur la science. Depuis la conférence de Rio, trois études majeures, basées sur l’observation participante, sont arrivées à la même conclusion : même dans les meilleures conditions, le découplage absolu du PIB et des ressources naturelles n’est pas possible à l’échelle mondiale.

Une équipe de scientifiques dirigée par la chercheuse allemande Monika Dittrich a commencé à lever un doute dès 2012. L’équipe a utilisé un modèle informatique pour prédire l’utilisation globale des ressources naturelles si la croissance économique continue à son rythme actuel, environ 2 à 3% par an. Cette étude a déterminé que la consommation humaine des ressource naturelles (incluant le poisson, le bétail, les forêts, les métaux, les minéraux et les combustibles fossiles) augmenteraient, de 70 milliards de tonnes par an (en 2012), à 180 milliards de tonnes par an en 2050. Pour rappel, le niveau durable d’utilisation des ressources est d’environ 50 milliards de tonnes/an ; un cap que nous avons franchi en l’an 2000.

L’équipe allemande a ensuite réutilisé son modèle pour déterminer ce qui se passerait si tous les pays du monde, ensembles, adoptaient immédiatement les meilleures pratiques d’utilisation des ressources – une hypothèse extrêmement optimiste. Les résultats se sont améliorés ; mais restaient tout de même à 93 milliards de tonnes/an en 2050. C’est toujours beaucoup plus que ce que nous consommons aujourd’hui. Brûler toutes ces ressources est difficile à décrire comme un découplage absolu ou un développement « durable ».

En 2016, une deuxième équipe de scientifiques a vérifié une autre hypothèse, une hypothèse dans laquelle les pays du monde entier se mettraient d’accord pour aller plus loin que l’état de l’art en termes d’efficience. Dans leur meilleur scénario, les chercheurs imaginant une taxe carbone de 236 dollars la tonne – contre 50 dollars actuellement – ainsi que des innovations techniques en mesure de multiplier par deux le rendement de notre utilisation des ressources. Leur résultat fut presque exactement identique à celui de l’équipe de Dittrich. Dans ces conditions, avec une croissance de 3% par an, leur algorithme a déterminé une consommation de 95 milliards de tonnes en 2050. Toujours pas de découplage absolu.

Enfin, l’année dernière (en 2017), l’UNEP – qui était auparavant un grand défenseur de la théorie du développement durable – a contribué au débat. Ils ont testé un scénario dans lequel la taxe carbone monte à 537$ la tonne, ajouté une taxe sur l’extraction des ressources, et imaginé de rapides progrès technologiques, impulsés avec l’aide des gouvernements. Le résultat ? 132 milliards de tonnes en 2050. Ce résultat, pire encore que ceux des précédentes études, est dû au fait que l’UNEP a pris en compte l’ « effet rebond », où les améliorations du rendement des matières premières entraînent une baisse des prix, augmentant par là-même la demande, et annulant une bonne partie des économies de ressources.

Etude après étude, on retrouve les mêmes résultats. Les scientifiques commencent à réaliser qu’il y a des limites physiques au rendement que l’on peut atteindre. Bien sûr, nous pourrons probablement fabriquer des voitures, des iPhones et des gratte-ciels avec moins de ressources, mais nous ne pourrons pas les produire ex-nihilo. Peut-être que l’économie passera graduellement plus vers le tertiaire, comme l’éducation ou les cours de yoga, mais même les universités et les salles de gym ont besoin de matériel.

Lorsque nous aurons atteint les limites de rendement, toute croissance, aussi minime soit-elle, augmentera mathématiquement l’utilisation des ressources naturelles.

Ces problèmes jettent un froid sur tout le concept de développement durable, et nous demandent d’y repenser d’une manière radicalement différente. Les trois études citées plus haut étaient basées sur des curseurs placés d’une manière très optimistes. Nous ne sommes absolument pas sur le point d’instaurer une véritable taxe carbone globale, et certainement pas à 600 dollars/tonne ; d’autre part le rendement des ressources naturelles est, actuellement, sur une pente descendante. Et pourtant ces études nous indiquent que, même en faisant tout au mieux, le découple absolu du PIB et des ressources est un but inatteignable, et que nos problèmes environnementaux vont continuer d’empirer.

Empêcher cela demandera un changement radical de paradigme. Des taxes élevées, des innovations technologiques pourront nous aider, mais ne seront pas suffisantes. La seule chance réaliste que l’humanité aie pour éviter un effondrement écologique, serait d’imposer des quotas stricts sur l’utilisation des ressources, comme l’a récemment proposé l’économiste Daniel O’Neill. De tels quotas, imposés par les gouvernements nationaux ou par des traités internationaux, pourraient permettre d’éviter d’extraire plus de la Terre (et de l’eau) que la planète n’est capable de régénérer. Nous pourrions aussi laisser de côté le PIB en tant qu’indicateur de succès économique, et utiliser des mesures plus équilibrées, comme l’Indicateur de Progrès Véritable (IPV), qui prend en compte pollution et utilisation des ressources naturelles. Utiliser l’IPV nous aiderait à maximiser les résultats positifs socialement tout en minimisant notre impact écologique.

Dans tous les cas, la conclusion est évidente. A long terme, ramener notre civilisation à un niveau planétairement acceptable nous forcera à nous libérer de notre dépendance à la croissance – en commençant par les pays riches. Cela semble plus terrifiant que ça ne l’est réellement. En terminer avec la croissance ne veut pas dire arrêter toute activité économique – cela signifie simplement que l’année prochaine, nous ne produirons, et ne consommerons, pas plus que cette année. Cela signifie aussi de se détourner des secteurs particulièrement polluants et tout à fait inutiles à la vie humaine, comme la publicité, les déplacements pendulaires ou encore les produits à usage unique.

En finir avec la croissance ne veut pas pour autant dire que nos standards de vie doivent en pâtir. Notre planète fournit largement suffisamment pour nous tous ; mais ses ressources sont très inégalement réparties. Nous pourrions, dès aujourd’hui, améliorer la vie des gens rien qu’en partageant ce qui est disponible, sans ravager la Terre pour en avoir plus. Peut-être que la fin de la croissance sera synonyme de meilleurs services publics ? De revenu universel ? Ou peut-être d’une semaine de travail plus courte, permettant de diminuer la production sans augmenter le chômage. C’est le genre de politiques – celles-ci, et beaucoup d’autres – qui nous seront cruciales pour non seulement traverser le XXIème siècle, mais aussi s’y épanouir.

Cet article et la photo ont été publiées à l’origine dans Foreign Policy Magazine, en 2018.

Le jour du dépassement, les colibris et les autres

mercredi, août 1st, 2018

Depuis plusieurs années, notre surconsommation de ressources est symbolisée par le « Jour du dépassement », le jour de l’année où l’on a consommé toutes les ressources que la Terre est capable de fournir en un an.

Fort logiquement, si l’on arrive à ce jour avant le 31 décembre, cela signifie qu’à long terme, nous manquerons de ressources, car elles ne se renouvelleront plus assez vite. Dans les années 70, le Jour du Dépassement arrivait fin décembre. On tirait, un tout petit peu, sur la corde.

Cette année, en 2018, il est arrivé le 1er août, à peine à 7 douzièmes de l’année. Il est évident que c’est problématique.

Depuis longtemps, cette surconsommation m’agace, et je suis prompt à râler sur mes concitoyen·ne·s qui n’en ont rien à carrer. Celleux qui prennent la voiture pour aller chercher leur sandwich à la boulangerie à 500m, parce que là il pleut fort, quand même. Celleux qui laissent le moteur tourner, fenêtres fermées pour la clim, en attendant leur rendez-vous, parce que là il fait chaud, quand même. Celleux qui règlent la climatisation à 19°C en pleine canicule et le chauffage à 26°C en plein hiver. Celleux qui s’installent à 30km de la ville, pour avoir assez de place pour installer une piscine (chauffée si possible !), et qui dépendent intégralement d’une voiture par personne pour pouvoir vaquer à leurs occupations.

Bref :

Je juge !

Tandis que moi, tel le colibri de la fable de la secte de Pierre Rahbi qui sait bien que ce n’est pas avec ses gouttes d’eau qu’il va éteindre le feu de la forêt mais qui fait quand même sa part, tandis que moi donc, je m’efforce de ne pas déplacer 1 tonne de voiture sur 9km pour aller travailler, je trie bien mes déchets et je fais du compost, je n’imprime pas cet email et j’éteins l’eau quand je me brosse les dents.

Je me rends bien compte que ça ne sert à rien, mais ça donne l’impression d’essayer. Parce que sinon, les alternatives sont peu enthousiasmantes : on pourrait

  • voter Vert. Ça sert à rien, ils seront jamais élus. Mais on pourrait dire qu’on a voté vert.
  • tout plaquer pour aller vivre dans des yourtes avec les autres hippies. C’est un peu engagé, et puis les dernier·e·s qui ont essayé se sont pris de la grenade GLI-F4 par dizaine dans la gueule.
  • Décider que fuck it, et espérer que ça ira à peu près jusqu’à ce qu’on soit mort et nos enfants aussi (parce que quand même c’est triste de laisser un champ de bataille à nos enfants).

Parce que je me rends bien compte que ce qui serait nécessaire pour endiguer ça, c’est une volonté commune et mondiale. Une volonté politique. Une volonté politique contraignante, celle qu’on appelle l’écologie punitive, c’est la seule qui fonctionnera, parce que l’écologie joyeuse où on continue de consommer comme maintenant mais avec une voiture électrique et des panneaux solaires sur les toits ça suffira jamais, parce qu’environ toutes les industries qu’on sur-sollicite polluent horriblement.

  • L’industrie pétrolière pollue (on en a besoin pour les transports, le chauffage et à peu près toutes les autres industries).
  • L’industrie textile pollue.
  • L’industrie électronique pollue.
  • L’industrie agro-alimentaire pollue.
  • L’industrie du BTP pollue.
  • L’industrie des loisirs pollue.
  • (j’en oublie plein. Dites moi lesquelles en commentaire, ça changera des insultes)

Alors non, ça va pas être drôle quand ça sera devenu presque impossible d’acheter des vêtements pas chers, provenant de l’autre bout de la planète par bateau. Ça va être pénible quand les smartphones coûteront cinq fois plus cher que maintenant, qu’un billet d’avion sera inabordable sans casser le PEL, et que même remplir le réservoir de sa voiture sera réservé aux plus riches.

Sauf que voilà, si on se met à faire des efforts maintenant, ça va être problématique pour les plus riches actuels, justement. Ceux qui s’enrichissent sur le dos des travailleurs qu’ils exploitent (jusqu’à la mort) dans les usines de t-shirts à 4.99€, ceux qui s’enrichissent sur le dos des plus grandes forêts du monde sans se soucier d’où iront les orang-outangs qui y habitent, ceux qui réfrigèrent le permafrost artificiellement pour que les hydrocarbures qu’ils extraient puissent continuer à réchauffer le reste.

Si on arrête de les laisser faire, ils vont avoir moins d’argent. Ils ont besoin de tout cet argent pour que ça ruisselle. Non je blague. Ils ont besoin de tout cet argent pour pouvoir émigrer au Groënland quand le reste de la planète sera inhabitable.

Et s’ils ont moins d’argent, les gens qu’on élit pour nous représenter auront moins d’argent. Alors les gens qu’on élit laissent faire et facilitent. Ils votent des accords de libre échange commercial dans tous les sens, reculent sur l’emploi de pesticides, sur les hydrocarbures, déconstruisent les protections sociales et évidemment, rejettent toute amélioration des conditions des travailleur·euse·s. La stabilité, la solidarité, ça coûte cher.

(Oui, je fais des raccourcis, faites moi un procès).

Jusqu’à l’année dernière, je m’étais fait une raison : depuis aussi loin que je m’en souvienne, aucun de nos élus successifs n’en avait quoi que ce soit à foutre de l’écologie. Alors qu’ils se soient comportés comme s’ils n’en avaient rien à foutre, finalement, c’était pas plus choquant que ça.

Mais cette année, ça m’a particulièrement agacé, parce que la bande de bras cassés* qui est actuellement aux commandes fait semblant que ça l’intéresse :

 

 

Et je pense que j’avais jamais vu autant de cynisme dans un seul gouvernement. Alors j’ai râlé sur Twitter, et comme j’avais encore envie de râler après, j’ai râlé ici.

Mais si ça se trouve je me trompe complètement et heureusement qu’on fait comme maintenant, parce que si les pauvres étaient moins pauvres et les riches moins riches ce serait pire :

La transition énergétique c’est magique

mardi, juin 24th, 2014

Je découvre ce midi dans mon fil d’actualités que le ministère de l’Écologie a lancé un site pour communiquer autour de la transition énergétique, votreenergiepourlafrance.fr.

Il y a une présentation plus en profondeur du projet de loi ; On pourra y découvrir du bon et du moins bon.

Du côté du bon, on y lit que la « transition énergétique vise à préparer l’après-pétrole », et je crois que c’est la première fois que je lis cela en termes aussi clairs dans une communication gouvernementale, ou encore que cette transition offre aussi une chance économique qui devrait créer de l’emploi.

On y trouve plein de mesures de bon sens pour améliorer l’isolation thermique des bâtiments, tant publics que privés, avec des facilitateurs économiques (prêts à taux zéro, chèque énergie, allègements fiscaux, tiers financeurs) et de nouvelles règles (urbanisme, copropriété).

Par contre, dans le domaine du transport, il suffira d’ « inciter à l’utilisatisation de modes de déplacements alternatifs pour les déplacements de courte distance » pour que par magie, les gens décident qu’ils vont arrêter de faire en voiture « 1 déplacement de moins de 3 km sur 2, et 1 sur  4 de moins d’1 km ». (En plus ils se sont trompés dans leur PDF, ils ont inversé et ça veut plus rien dire).

Pour les inciter à moins prendre leur voiture, 9 actions concrètes, nous promet-on ! Dont :

1) Bonus pour l’achat d’une voiture électrique

2) Points de recharge pour voitures électriques sur tout le territoire

3) Nouveaux espaces de stationnement avec bornes de recharge

4) Les maires pourront autoriser les voitures électriques à rouler sur les voies de bus

Ah ben grave les gens ils vont penser à faire autrement que prendre leur voiture !

Les cinq autres actions concernent le rail, la recherche sur les véhicules du futur, le covoiturage et l’auto-partage, et « La grande distribution devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre liées au transport et à la logistique, de 10 % d’ici à 2020, et de 20 % d’ici à 2025. » (en serrant les fesses ?)

Alors évidemment, une fois que « tous les Français auront l’accès à un véhicule électrique », personne n’a l’air de s’être posé la question de comment on va les recharger.

En France, en 2006, le total de carburant routier consommé équivaut à 503 TWh. Sur le site dont est issu ce chiffre, suivent les calculs de rendement de la production, transport et stockage de l’électricité nécessaire à des véhicules électriques remplaçant tout ce mazout, et on arrive à une production d’électricité augmentée de 417 TWh.

Sachant qu’en France en 2012, on a produit 561,2 TWh d’électricité dont 425 avec du nucléaire et 82 avec du renouvellable.

Ça va être dur.

Comme sur le site ils me demandent mon avis, je me suis fait un plaisir de le leur donner et j’espère bien que je ne serais pas le seul.

Comme vous l’attendiez tous, voilà mon avis pour Mme Royal et ses amis du ministère des ronds dans l’eau qui fait de l’écologie :

À lire ce projet de loi, j’ai l’impression d’une gigantesque part prévue pour la voiture électrique. Sans doute pour justifier le nucléaire ? Les voitures électriques ne font que déporter la pollution (et ne règlent absolument pas les problèmes d’encombrement). Soyez plus ambitieux sur les modes de transports actifs (marche à pied, vélo), les transports en commun et l’intermodalité. Prenez exemple sur nos voisins Hollandais, Allemands, Danois.

Lisez attentivement le rapport de l’ADEME : http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=90511&p1=00&p2=12&ref=17597

Les transports propres passeront nécessairement par une réduction de l’énergie dépensée pour transporter les personnes. Une voiture électrique utilise encore plus de 90% de son énergie pour déplacer son propre poids… C’est du gâchis.

On ne pourra pas faire une transition vers des énergies renouvelables si l’on essaye de déplacer les plus de 500TWh fournis par les carburants pour le transport routier par leur équivalent électrique.

Soyez ambitieux, arrêtez de repousser, de tremper un orteil, de faire dans la demi-mesure qui donne bonne conscience. Nos enfants en ont besoin.

On peut le retrouver sur leur site.

Je suis pressé, je prends ma voiture

mardi, mai 13th, 2014

Ils me font rigoler, tous ces bobos cyclistes qui n’ont rien à faire de leur temps ! S’ils avaient un vrai travail et des responsabilités comme moi, ils prendraient leur voiture comme les gens normaux.

En plus, ces emmerdeurs sont tellement sur une autre planète qu’ils prennent toute la place sur ma route, ils me ralentissent et à chaque fois qu’il y en a un devant moi je suis obligé de faire vrombir mon moteur pour qu’il dégage contre le trottoir ! C’est qu’avec tous ces feux rouges faut appuyer entre deux feux, hein ! Sinon ça rame !

J’ai 120 chevaux, moi !

Je  comprends pas, en plus ils ont l’air contents de nous faire pourrir la vie, pourtant ils ont trop froid, ou trop chaud, et en plus des fois il pleut des gouttes d’eau qui mouille !

Les problèmes de la voiture en ville

vendredi, octobre 15th, 2010

Depuis quelques années, on commence à se rendre compte petit à petit que la civilisation du tout-automobile a ses limites, particulièrement en centre-ville où la place est comptée.

L’utilisation  à outrance de la voiture dans notre société pose pas mal de problèmes. En ville par exemple, elle amène des congestions de trafic relativement insolubles, car ajouter des voies de circulation, au final, ne fait qu’ajouter de nouveaux véhicules et augmenter la taille de l’embouteillage. L’emprise au sol et l’imaginaire réduction (perçue !) du temps de transport pousse à un étalement urbain incontrôlé dont Paris est un exemple monumental, avec sa grande couronne regroupant quatre départements. En centre ville, l’intérêt des zones piétonnes est, de même, de plus en plus reconnu malgré, souvent, un immobilisme et une défiance de la part des commercants, entre autres.

L’étalement urbain est d’ailleurs un problème très difficile à résoudre maintenant qu’il s’est installé. Les transports individuels sont manifestement une part du problème, et certainement pas une part de la solution, et diversifier suffisamment les transports en commun n’est pas facile.

L’automobile pose aussi d’autres problèmes plus généraux, des problèmes environnementaux, en particulier au niveau écologique ; mais la pollution automobile ne se limite pas à l’émission de gaz à effet de serre, la pollution visuelle et sonore est aussi de plus en plus manifeste.

Heureusement, depuis le temps qu’on en parle et que des prototypes existent, ce n’est plus que l’affaire de quelques années avant que les voitures électriques ne viennent résoudre ces problèmes de pollution dûes aux moteurs à explosion, n’est-ce pas ? Enfin, c’est ce que l’on croyait jusqu’à il y a peu, mais il se pose le problème de l’approvisionnement en électricité… Ces voitures électriques en demandent beaucoup, les infrastructures actuelles ne tiendraient pas la charge.

Voilà, en résumé, où en est en 2010 la société vis-à-vis de l’automobile. Tout ceci est d’ailleurs très bien expliqué dans ce documentaire :

retrouver ce média sur www.ina.fr

Qui date de 1973.

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