Archive for the 'Vélo' Category

Toulouse-Royan à vélo

mercredi, août 15th, 2018

Voilà, on est allés à Royan à vélo et c’était cool. Quelques photos :) et quelques commentaires que je rajoute en italique car Colin me laisse squatter son blog pour que je livre ma vision des chose mwahaha ! [Abigail] [edit: entre mes premiers commentaires et les derniers presque un an c’est écoulé… bah… euh… j’étais occupée okay ?]

La première pause. Ça se voit à peine sur la photo, mais après 30km à peine, le pneu arrière d’Abi est en train de se dégonfler parce qu’on a garé les vélos sur des ronces. Je tiens à préciser que c’est ma PREMIÈRE crevaison sur ce vélo. À croire que je voulais *dejà* prolonger le plaisir de cette première journée. En attendant Colin a réparé mon pneu et moi euh ben j’ai observé les escargots qui étaient là par dizaines en cette journée pluvieuse #restezJeunes

On a mangé au Pantagruel à Montech. Au fond, on peut voir deux voyageurs en train de réparer une crevaison, avec lesquels nous avons partagé quelques mots. C’était trop bon. C’était aussi la première fois que depuis 2004 que je passais une demi-journée entière avec mon téléphone éteint. Détail amusant: Colin n’était pas le seul à porter des chaussures à cales de cyclisme, leur cliquettement caractéristique étant limite perturbant à entendre dans mon dos alors que Colin était en face de moi ! 

Petite pause à Moissac. Petite petite ! Juste le temps de traverser le boulodrome municipal un rouleau de papier toilette à la main. La classe aventurière. 

Et nous voilà quasi-arrivés à notre première étape, Valence d’Agen, après 93km pleins de vent de face. J’ai failli mourir et je me suis demandé si j’allais Vraiment Passer de Chouettes Vacances. Au camping, nous avons admiré un tandem maman/enfant qui arrivait après nous, suivi d’un tandem papa/enfant. Elle nous a dit qu’ils rentraient de dix mois de tour du monde (Chine, Inde, …) et qu’il leur restait deux jours avant le retour définitif, ça avait l’air de lui faire bizarre ! Ils avaient l’air d’avoir envie de socialiser. Nous, malheureusement, on était trop heureux d’être ENFINS SEULS, sans parler de l’épuisement. Nous étions endormis avant 21h !

Jour deux : pause dattes au bord de l’eau (oh, oui, on est toujours au bord de l’eau en fait).

On est bien :) Il pleut pas aujourd’hui en plus ! Observez bien ces photos: nous sommes heureux et nous ne cessons de sourire :)

Pause déjeuner à Sérignac. Le burger que mangeait la patronne avait l’air bon alors on a commandé ça. C’était pas à la carte mais elle nous les a fait quand même :)

Le village était beau, les locaux un peu bizarre :)

Oui alors ici je vais me permettre d’intervenir en tant que Gasconne (je suis certes née dans le Loiret, j’ai élevée dans l’Astarac….) Donc nous sommes arrivés à Sérignac, charmante bourgade dont la terminaison en -ac- indique l’appartenance à l’ancienne région d’Occitanie et, arrivés sur « La Place » du village (on distingue l’église Sainte-Marie de l’Assomption en arrière plan dans la photo ci-dessus) nous avons attaché nos vélos à deux pas d’une petite terrasse où la Patronne conversait avec de jeunes locaux (genre trentenaires) du bled. Ces locaux que Colin décrit comme « bizarre[s] ». [pause]. Ce que mon prince orléanais omet de préciser c’est que dès qu’il est descendu de vélo il a emit un snot rocket monumental. En d’autres termes, qu’il s’est mouché avec les doigts sur la place de l’Eglise et de la Mairie et, surtout, devant un public qui avait (mon expertise mirandaise me permet de le dire avec une absolue certitude) « pris une grosse cuite hier soir ». Un chorus de « berks » s’est élevé depuis la terrasse. Bon, franchement on peut pas trop leur en vouloir… mais ça m’a quand même fait rire un peu méchamment… Pendant le repas nous avons plus ou moins involontairement écouté les récits d’aventure desdits locaux, récits qui tournaient tous autour de Voitures (plus ou moins grosses), de femmes (les mêmes que depuis le collège, le marché matrimonial étant relativement réduit dans ce genre d’endroit, cf. Le bal des célibataires de Bourdieu), d’alcool, et de travail (surtout en lien avec les Voitures que cela permet d’acheter). Colin trouvait ça exotique, moi je trouvais ça un peu touchant parce que ça me rappelait des souvenirs de lycéenne gersoise. Un peu touchant mais aussi à me donner envie de filer dès qu’on avait fini notre repas, telle une jeune moi fraichement reçue au baccalauréat, en laissant derrière nous cette microsociété franchement étriquée. Signé: je suis bobo et je t’emm*rde …

Et nous voici arrivés au camping du Mas d’Agenais après 81km, un tout petit camping de dix emplacements. Sur le panneau à l’entrée, il était écrit d’aller payer à la mairie aux heures d’ouverture et que sinon, un régisseur passait le soir. Effectivement, un bruit de diesel nous a réveillé vers 20:30 alors qu’on commençait à s’endormir et une dame nous a fait payer 5.40€. Pour être entièrement honnête j’ai presque été surprise qu’elle ne nous demande pas des francs, et je jurerais qu’elle roulait dans une vieille Citroën. En revanche ce mini-camping est équipé de douches et de lavabos tout ce qu’il y a de plus modernes, avec une eau chaude coulant à flots. Après avoir observé un peu la vie locale, à travers le grillage séparant le camping du parc adjacent (un vieux promenant son chien, un couple de jeunes se roulant des pelles), nous nous sommes endormis au doux son du festival Garorock de Marmande, la mégapole lot-et-garonnaise connue notamment pour ses tomates qui est située 10km plus loin.

Petit déjeuner le lendemain matin à l’écluse 47, où nous avons honteusement payé cinq euros au lieu de sept car nous n’avions plus assez de liquide.

La dame a dit que c’était pas grave et était très gentille, on a acheté une carte postale plus tard pour lui envoyer. Les écluses le long du canal sont plus charmantes les unes que les autres, avec leur volets verts d’eau et leurs massifs de fleurs. Je suis charmée, ces vacances commencent à être d’une douceur extrême.

À la quasi-fin de la piste du canal, nous avons pris une vingtaine de kilomètres de toutes petits routes très peu fréquentées – sauf 800m de nationale à camions – pour rejoindre la piste Roger Lapébie, qui mène à Bordeaux. On y a trouvé une surprise de taille : ça avait dû souffler fort pas très longtemps avant ! La piste Lapébie est un très beau souvenir: on y est au milieu des champs et des vignes, sous les frondaisons, il faisait beau et nous allions vite, avec encore presque toutes les vacances devant nous !

Nous sommes arrivés à Sauviolle après 64km, où nous avons pris une chambre d’hôtes. Le couple (la cinquantaine environ, dont les enfants étaient partis quelques années auparavant) qui nous a reçu était très sympathique et nous avons pris l’apéro ensemble. Une petite heure après nous, par pure coïncidence, les deux hommes que nous avions croisé au premier restaurant nous ont rejoint pour occuper l’autre chambre !

Les propriétaires de la chambre d’hôtes étaient très sympas, des motards encore amoureux l’un de l’autre, dont la maison est agréable, avec un grand jardin exploré par deux gros chats Maine Coon, et une piscine à laquelle s’abreuvaient en criant, aux heures du petit déj et de l’apéro, toute une escadrille de Martinets blancs (Tachymarptis melba, à ne pas confondre avec les Apus apus ou martinet noir que nous voyons plus souvent). Ceules qui me connaissent savent que j’aime beaucoup les chats et les martinets, j’étais vraiment heureuse :)

Petit dej (on a des forces à prendre !)

On a fait la lessive, tant qu’à avoir du confort :)

Pause casse-croûte, à la table d’à côté une maman et son fils d’environ sept ans faisaient l’école buissonnière pour piquer-niquer ensemble. La piste était toujours aussi charmante, on croisait des cyclistes, mais pas trop, on était tranquilles :) 

On a mangé à Darwin à Bordeaux. Ça m’a rappelé des souvenirs de 2015. Gnagnagnagna… non je rigole ;) J’ai découvert cet endroit immense et plein de vie avec surprise et plaisir. Il y a notamment un espace de jeu assez extraordinaire pour les petits, adjacent au resto où nous avons mangé un délicieux burger bio. Les enfants m’ont un peu manqué !

Je m’attendais à devoir sortir le GPS pour passer de l’est à l’ouest de Bordeaux, mais l’itinéraire cyclable vers Lacanau était super bien indiqué. J’étais assez impressionné de la qualité du réseau cyclable, ininterrompu d’un bout à l’autre. Nous étions quand même heureux de retrouver les champs et la piste cyclable, n’ayant pas encore eu le temps de regretter la ville…

Pause câlin pour nos vélos !

Et nous nous sommes arrêtés à Sainte-Hélène après 85km dont les 10 derniers tout droit tout droit. Hélas je commence à sentir mon genou gauche qui tire… Ça m’inquiète un peu avec le spectre de ma dernière tendinite qui m’avait vraiment gonflé longtemps. Cette petite chambre d’hôtes est super charmante, avec des moutons et un potager dans lequel j’ai bravé les orties pour aller ramasser, pieds nus, du basilic frais pour notre dîner. Nous avons interrompu notre diète de burgers pour manger des tomates mozzarella trouvés à la supérette du bled que nous avons traversé sur nos vélos.. L’occasion de se dire qu’on est bien comme on est, vieux (c’est à dire trop vieux pour vouloir « sortir » pour « s’amuser »), écolo-bobos (pas en voiture, encore moins ivres en voiture), et en vacances sans personne pour nous dire quoi faire ou avoir besoin de nous. Comme on pouvait, on s’est couchés tôt xD

On décide de repartir le lendemain après un bon petit-déjeuner, en prévoyant d’arriver au bord de la mer et d’y faire deux-trois jours de pause.

De nouveau 10 kilomètres de tout droit tout droit pour commencer ! Foi de gersoise, les Landes c’est plat !

Après une petite surprise similaire à la précédente et au bout de 45km, nous nous arrêtons à Carcans et j’ai mal aux genoux. Du coup, on s’embourgeoise et on prend un airBnB pour trois nuits histoire de se reposer un peu. En plus pour Abi aussi ça commence à tirer. L’embourgeoisement, refrain récurrent de ma vie depuis que je connais Colin xD Eh regardez ! Je me suis maquillée :)

À la place de rouler, on se repose, on glande, on va à la mer.

La vue de notre petite cabane – très agréable sauf l’évier dans le placard avec le front dans l’étagère pour faire la vaisselle ! Ça m’a moins marquée ! Faut dire que la vaisselle c’est le royaume de Colin…

Encore du glandouillage. Ça fait du bien ! Et j’ai été émerveillée par le luminaire installé directement au-dessus de cette chaise, dont la lumière peut être changée par télécommande, pour ambiancer toutes vos folles soirées à Carcan Plage ! Nous y avons aussi reçu la visite d’un petit oiseau qui venait manger des miettes sur le bout de nos doigts. Nous avons essayé de le filmer pour les enfants mais il était rapide, le petit rascal ! Du coup c’est un souvenir qu’on garde pour nous :)

On repart trois jours plus tard, direction Hourtin où l’on s’arrête au camping ****. Après renseignements, il apparaît que c’est cinquante euros la nuit. En plus ça avait l’air assez mal fréquenté si vous voulez mon avis… plein de grosses voitures et de gens qui ont l’air d’avoir plus de fric que de goût. #JE_JUGE  

Du coup on a juste fait trois courses :

Et on est partis cinq kilomètres plus loin,au camping du Pin Sec, au terme d’une grosse étape de … 27km (genoux obligent) ! Faut rajouter aussi que les Landes ça n’est plat que jusqu’aux 5 derniers km avant la plage, qui eux sont f*cking accidentés !

On y est restés deux jours. On s’était préparés pour une alerte orage, qui n’a pas eu lieu, et aussi on s’est fait engueuler par un Allemand en allemand parce que notre antivol alarme a déconné pendant qu’on était à la plage et a cassé les oreilles de tout le monde pendant eine halbe Stunde ! Honte sur nous. On a fait semblant de pas comprendre pour qu’il nous lâche.

On était trop bien au Pin Sec. C’était plein de surfeureuses et la plage est immense ! J’avais l’impression d’être au bout du monde et je découvrais, émerveillée, que la côte atlantique est très préservée. Ça m’a rappelé le nord de la Californie et je me suis sentie en liberté <3

Un petit coup de téléphone pour prendre et donner des nouvelles à Paul et Gaspard :) On dirait pas trop là mais mon fils me manque à moi aussi xD

Et nous revoilà repartis deux jours plus tard pour 28km vers le camping du Gurp !

La piste est belle mais étroite, et surtout, c’est des dalles de béton ! Pas extrêmement pratique… Pas de photo de cette étape. C’était le plus grand camping que j’aie jamais vu : 999 emplacements ! Et peuplé à 80, 90% d’Allemands, à tel point que les gens nous parlaient en allemand par défaut ! C’était super, des vélos partout, des camping-car et des tentes gigantesques, et puis les souvenirs de LV Allemand du lycée qui revenaient. On est partis en se disant que wir sprechen ein bißchen Deutch après tout ! Et puis sur la plage, les bunkers à moitié ensevelis… Cue the deep though concernant le retour ici des Allemands, venus maintenant passer des vacances au calme et au soleil. Les grandes guerres ne sont pas si loin ! Pourtant, sur la plages ces jours là, tout semblait oublié…

Et deux jours plus tard de nouveau, nous sommes repartis pour Royan avec une étape de 31km (dont 8 en ferry !)

À Soulac sur mer, nous avons admiré la résidence du Signal, en se demandant bien ce qu’il avait pu s’y passer. Renseignements pris, l’immeuble a été évacué car trop proche du front de mer et les propriétaires ont entamé une grève de la faim pour avoir une indemnité plus grande que prévu. Il a ensuite été squatté.

Il y avait un petit train promène-touristes le long de la piste. Tous les touristes nous ont fait coucou ! Les rails donnaient un petit air de Far West à cette étape.

Le phare du Verdon-sur-Mer, ou nous avons pris le ferry :

C’était rafraîchissant de s’accouder au bastingage et se prendre les vagues dans la tête !

La cathédrale bétonnée, témoin des horreurs de la guerre – Royan a été rasée, pilonnée de bombes et napalmées par les Américains dont c’était la première utilisation de cette arme.

Le petit port de pêche à côté duquel nous avons mangé.

On n’a pas trouvé de camping assez proche alors nous sommes allés à l’hôtel où il n’y avait plus que des chambres premium vue-sur-la-mer-et-lit-de-180, nous nous sommes pris pour des stars dans tout ce confort après le camping !

Royan m’a laissé le sentiment d’une ville restée dans les années 60, avec un charme certain ! J’ai d’ailleurs profité de cette étape urbaine pour trainer Colin à la boutique Petit Bateau m’acheter une robe marine tout à fait « maman bcbg ».

Le lendemain nous avons sauté dans un train pour Nantes.

On a visité un peu le vieux centre de Nantes en comptant le nombre de checks de nos vélos pendant qu’on dégustait une crêpe avec une bière (8 checks !) puis nous avons rejoint notre hôte Warmshowers.org (après avoir essayé en vain de trouver des hôtes sur nos étapes précédentes !), Cédric, un informaticien cycliste et runner de notre âge. C’était très sympa de passer la soirée et la nuit chez lui. J’avais déjà hébergé plusieurs voyageurs par ce réseau, c’est la première fois qu’on expérimentait l’autre côté de la chose !

J’ajoute que notre crêpe aux 8 checks est aussi venue avec 3 oeufs parce que le cuisto n’arrêtait pas de casser le jaune ! Qu’importe, je venais de fire 400km de vélo, je pouvais bien manger 3 oeufs sur ma complète ;)

Le lendemain, train suivant pour Orléans, notre destination initialement prévue mais mon genou en avait définitivement décidé autrement ! Nous y avons retrouvé ma soeur Angèle et sa famille pour une dernière étape de 2 jours. Nous sommes allés visiter le Parc Floral (nos vélos nous ont semblé légers sans les sacoches !) et ses enfants prennent, manifestement, le même chemin que Paul et Gaspard en terme de cyclisme : Eli, 6 ans, a fait les vingt kilomètres sans rechigner, et Julia, 4 ans, en a fait 8 !

C’était cooool de passer les derniers jours chez Angèle et Pascal, voir les enfants, admirer les derniers bricolages et manger les légumes bio du jardin. Je sais, j’ai trop de chance : même la famille de mon mec est super ! Je sais dit comme ça ça fait fayote mais bon je vais pas mentir juste pour pas avoir l’air de me la jouer ¯\_(ツ)_/¯

Ma soeur a eu le vélo Ikea à Noël, et il est plutôt chouette – mais pas sportif pour un sou !

Des pink floyds !

« Robe marinière, Petit Bateau, chez Petit Bateau, Royan et ceinture en corde, boutique random, Royan. » Bonjour auriez-vous quelques minutes pour parler de notre Seigneur Jésus-Christ ? NAN JE RIGOLE LOL en fait je suis anarchriste.

Et l’aller-retour au Parc Floral nous a fait passer, pile-poil, les 500km !

Et enfin, troisième et dernier train pour revenir à Toulouse… Les vacances sont déjà finies ! Ça se voit qu’on en aurait bien profité un peu plus longtemps. D’un coup on est moins souriants tiens… on va dire que c’est la fatigue !! Mais on repartira en voyage bientôt, c’est sûr… ;)

La rage de la route

vendredi, mars 9th, 2018

La société, les vendeurs de voitures passent leur temps à engrainer dans la tête des gens que voiture = liberté.

Happy man driving car, ©Shutterstock

Et au final tu prends ta voiture et au moindre grain de sable dans la circulation, tu te retrouves coincé, impuissant.

Not so happy people driving cars, ©Shutterstock

Tu t’arrêtes derrière la voiture de devant qui s’est arrêtée parce qu’un livreur livre, ou y’a un camion poubelle, ou d’autres voitures sont engagées dans un carrefour coincé. Ou alors deux personnes ont cru pouvoir croiser mais en fait non et maintenant elles peuvent plus reculer parce qu’il y a quelqu’un derrière.

Toi t’es coincé, tu peux pas reculer non plus, y’a des gens qui sont arrivés. Tu pourrais prendre à gauche dans vingt mètres… Mais à gauche c’est un sens interdit sauf pour les cyclistes.

Tu pourrais faire demi-tour, mais y’en a un qui a commencé ça trois voitures derrière toi et du coup la voie d’en face est pleine d’autre gens coincés.

À ta droite, sur le trottoir, y’a une mamie avec son cabas qui te dépasse, ça fait déjà trois fois qu’elle te dépasse sur cette rue. Y’a douze vélos qui sont passés, tu les as vu arriver dans ton rétro, tu les vois déjà plus devant.

Tu commences à fantasmer d’avoir des pales sur le toit pour t’arracher, de faire un strike dans ce tas de cons qui t’empêche d’avancer, ah si seulement t’avais un camion comme dans Mad Max.

Tu fais encore dix mètres. Y’a que de la merde à la radio, t’as oublié ta clé USB, c’est chiant. T’éteins la radio, t’entends plus que les klaxons. T’as des crampes à la jambe gauche à force de débrayer.

Encore vingt mètres, y’a enfin le petit raccourci malin qui part à droite, une toute petite rue qui te fait faire un détour mais y’a jamais personne dessus. Tu te jettes dedans, t’accélères, tu roules ENFIN à 40 ! Et t’as même pas atteint 50km/h qu’un petit bâtard d’écolo qui se balade sur son vélo à panier t’a forcé sa priorité au lieu d’attendre que tu passes.

Quel connard.

Il le sait pas, qu’il va moins vite à vélo ?

Et maintenant dans ta petite rue étroite qui était vide, voilà que ce crétin se met à un mètre des voitures stationnées. En plein milieu de la route ! Et toi tu poireautes derrière alors que t’as pas que ça à foutre.

Y’a moyen de le doubler, ça passe, en fait. Bon, c’est pas large mais s’il était pas au milieu, aussi ! Alors tu mets un grand coup d’accélérateur, les roues de gauche presque dans le caniveau, mais pas trop quand même, parce que ce serait chiant de rayer les jantes alu.

Et ce bobo de tes deux, au lieu de se remettre à droite, voilà qu’il gueule ! Ton sang ne fait qu’un tour. Ça fait déjà 40 minutes que t’es parti du boulot, à 5km de là, c’est pas un crétin qui doit même pas avoir le permis qui va t’apprendre à conduire !

Tu vas lui apprendre à partager la route, au cyclo-terroriste : un bon coup de frein, en travers pour le coincer, tu descends de la voiture, et tu défoules toute cette frustration, accumulée depuis des semaines, sur ce petit cycliste qui prend toute la place.

PS : je suis persuadé, quelque part, que la société du tout-voiture et les frustrations qu’elle engendre participe à l’intolérance, au rejet de l’autre, et à l'(extrême-)droitisation de notre société.

Stravomatic : une app Android pour démarrer Strava automatiquement

dimanche, décembre 17th, 2017

Ce week-end, je me suis souvenu que quand j’ai eu mon nouveau téléphone, il comptait mes pas tout seul, et j’ai cherché pourquoi. Il se trouve qu’il y a un service Google Play qui permet aux développeurs de récupérer l’activité de l’utilisateur (marche, course, vélo, etc), et j’ai décidé d’essayer de développer ma première app Android : Stravomatic.

J’utilise Strava depuis quelques années et je le trouve extrêmement utile pour suivre mon kilométrage, mais parfois j’oublie de le lancer chaque matin et chaque soir quand je vais travailler.

Le développement s’est passé bien mieux que je ne pensais au départ, et je crois que j’ai une bonne petite app fiable, qui démarre une activité Strava automatiquement quand je commence à faire du vélo (ou à courir) (ça n’arrive jamais) (sauf ce week-end où j’ai fait plein de tours dans le jardin pour tester, au grand amusement de ma copine et mes voisins). C’est une app simple avec une page de réglages et un composant en arrière plan qui suit ce qu’il se passe :

Comme elle n’utilise pas le GPS, et tire avantage des Google Play Services, elle n’a pas l’air de tirer de manière notable sur la batterie, ce qui me fait bien plaisir.

Je l’ai publiée sur Google Play : Stravomatic, et j’en suis plutôt fier ! J’espère qu’elle servira à d’autres étourdis :)

Les freins psychologiques et réels au vélo en ville

jeudi, novembre 30th, 2017

Il m’arrive régulièrement de parler de transport, et plus spécifiquement de vélo, avec des gens, soit des ami.e.s, soit des inconnu.e.s sur les réseaux sociaux. Peut-être parce que j’apprécie beaucoup me déplacer à vélo, vous avez pu le remarquer.

Souvent ces personnes se rendent bien compte que se déplacer en voiture, c’est inoptimal au mieux, horripilant au pire. Iels disent perdre un temps fou dans les bouchons, que ça leur prend une heure vingt de faire dix kilomètres, que c’est stressant.

Mais généralement, iels considèrent c’est de la faute des politiques de transport. Il faudrait plus de routes, plus de voies sur la rocade, etc. Factuellement, un siècle d’automobile a prouvé maintes et maintes fois qu’en matière de transport, la demande suit l’offre, et que lorsqu’on ajoute de la capacité de transport routier, plus de véhicules l’utilisent, et l’on se retrouve dans la même situation qu’auparavant : dans un bouchon, avec plus de voitures. Certain.e.s utilisent une analogie qui me plaît bien : ajouter des routes pour lutter contre l’encombrement routier, c’est comme desserrer sa ceinture pour lutter contre l’obésité.

Bref. À certain.e.s, lorsque je suis motivé, de bonne humeur, ou que j’ai l’impression qu’iels sont réellement dans une optique de résolution de problème, je leur suggère d’utiliser leur vélo pour leurs petits ou moyens trajets : en dessous de dix kilomètres, soit trente à quarante minutes de vélo sans trop forcer, c’est absolument envisageable et les avantages sont objectivement là : c’est plus rapide, c’est plus fiable. Un troisième avantage subjectif : c’est plus agréable (je dis subjectif, car je sais que certains sont allergiques au vélo. Les goûts et les couleurs !)

Mais, bien souvent, ma suggestion se heurte à un barrage de DCA de contre-arguments, dont le but est de justifier qu’une heure de vélo par jour, décidément, ce n’est pas envisageable. C’est à ces arguments que j’arrive à distinguer les personnes de bonne foi, celleux qui ont réfléchi ou réfléchissent activement à trouver des solutions, et celleux qui sont là pour se plaindre, mais ne comptent pas changer leurs habitudes, attendant plutôt qu’on les résolve à leur place.

Je vais commencer par citer les arguments qui ressortent le plus souvent et que je considère comme fallacieux, et je vous donnerai ensuite ceux que je considère comme valides. Sans faire durer le suspense : les arguments valides, je ne les entends presque jamais.

Tout ceci s’applique aux personnes qui, comme moi, vivent en ville ou en périphérie proche. Pour les campagnes et les déserts comme la Creuse, le Gers, où les distances s’allongent beaucoup et la densité baisse beaucoup, évidemment, le vélo est beaucoup moins facilement une solution, mais de toutes façons, dans ces cas là, les problèmes de congestion sont quasiment inexistants.

Tout d’abord il y a les arguments organisationnels :

  • Comment faire pour amener les enfants à l’école ? Bon. J’ai remarqué en observant mes enfants et ceux des autres qu’ils sont à peu près tous dotés d’une paire de jambes et qu’elles sont tout à fait utilisables pour aller à l’école. Soit à pieds, soit à vélo. En zone urbaine dense, tant que les enfants sont scolarisés dans la carte scolaire, les écoles sont proches du domicile. 500m ou 2km, ça se fait vite, à vélo, même avec des enfants. Lorsqu’ils sont petits, une draisienne, un siège bébé, un vélo cargo, tout cela est non seulement possible, mais aussi agréable. Pour les enfants scolarisés hors carte scolaire, je considère que celleux qui refusent d’utiliser les infrastructures mises à leur disposition perdent le droit de se plaindre que les infrastructures sont inadaptées.

  • Comment faire pour les courses ? Chacun.e a sa propre façon de faire les courses, c’est sûr. De mon côté, si j’ai des choses à acheter en rentrant du travail, ce sont « les trucs qui manquent » (du pain, un ingrédient ou deux du repas du soir, etc.), pas « le plein du mois ». Cela rentre facilement dans une ou deux sacoches, ou un sac à dos. Bonus : à vélo, on peut se garer au plus près des commerces et on gagne du temps. Je connais des gens qui font les grosses courses du mois après le travail (parfois en magasin, parfois par Chronodrive ou assimilé). Mais je ne vois pas en quoi ça empêche d’utiliser son vélo le reste du temps. On peut très bien envisager de prendre la voiture une fois de temps en temps quand cela se révèle utile. Personne n’a dit qu’une fois qu’on a décidé d’aller bosser à vélo, on est censé brûler sa voiture devant une permanence d’EELV.
  • Après il y a celleux qui pensent aux autres : Comment faire pour déposer sa grand-mère invalide, comment faire quand on est artisan-plombier avec cinq radiateurs et une chaudière à installer ? Excusez-moi, mais je ne vois pas le rapport, on n’est pas en train de parler d’interdire totalement l’utilisation de véhicules motorisés, si ? On est juste en train d’envisager, soi-même, d’utiliser un vélo pour faire un relativement court trajet à vide ou presque (une gamelle pour le midi, un ordinateur portable, … a-t’on vraiment besoin d’une voiture pour transporter cette lourde charge ?)

On trouve ensuite les arguments météorologiques :

  • Comment faire quand il fait chaud, on transpire ? Ah oui. Tout le monde transpire quand il fait chaud. Sauf condition médicale, la sueur, ça sèche, et ça ne sent pas mauvais quand on est propre. Certain.e.s ont un travail où il faut avoir l’air « respectable » face aux clients, costard ou tailleur par exemple. On peut envisager de se changer, peut-être. Ou de rouler moins vite, ou d’utiliser un VAE (vélo à assistance électrique) pour se donner moins chaud.
  • Comment faire quand il fait froid, on a froid : Alors justement non, ou alors pas longtemps, juste au début. Ce qui est pratique avec l’effort physique, c’est qu’on peut le doser, et si le besoin de se réchauffer apparaît, on peut appuyer plus fort sur les pédales.
  • Comment faire quand il pleut, ça mouille : Personnellement, je ne suis pas en sucre et ne fonds pas sous la pluie. D’autre part, on trouve assez facilement, chez Decathlon ou ailleurs, des vêtements imperméables qui permettent d’éviter d’être mouillé. C’est une avancée majeure de notre civilisation qui date du XIIIe siècle ou avant, selon ce que l’on entend par « imperméable ». On peut utiliser une veste, ajouter un sur-pantalon pour les grosses pluies, ou bien une cape de pluie, les solutions sont variées et il y en a pour tous les goûts.

Enfin, une dernière catégorie d’argument que je résume souvent par « le vélo c’est fait pour se promener à la campagne », et qui sont des contre-vérités monumentales.

  • C’est dangereux le vélo, en ville. Petite parenthèse lexicale : non. Ce sont les voitures qui sont dangereuses, le vélo, pour sa part, est risqué, dans une certaine mesure : le deux-roues motorisé est beaucoup plus source d’accidents graves et mortels. Sur le fond, c’est faux aussi : les accidents graves et mortels de cyclistes ont lieu, en général, à la campagne, là où les voitures roulent vite. Il y a beaucoup de statistiques sur le sujet.
  • Le vélo, c’est pour les bobos qui se promènent, je travaille moi, je suis pressé. On a déjà établi que quand on est pressé.e, en ville, la voiture est la pire solution, la plus lente et la moins fiable ! Personnellement, je vais travailler à vélo parce que je suis pressé !
  • « Oui mais les vélos ils grillent les feux rouges ». À ce niveau là d’argumentation, retournez boire un pastis au PMU. Je ne vois pas en quoi le comportement de certain.e.s cyclistes peut valider ou invalider votre propre choix de mode de transport. D’autant qu’en regardant, des entorses plus ou moins grave au code de la route, tout le monde en fait : à pied, à moto/scooter, en voiture, en camionnette, en camion. Et plus le véhicule est gros et lourd, plus ces entorses mettent les autres en danger ; plus il est petit et léger, plus elles ne mettent que soi-même en danger. Youtube fourmille de vidéos de piétons, cyclistes et motards documentant ça.

Voilà qui conclut ma petite liste personnelle des arguments dépitants pour expliquer que décidément, non, c’est pas possible de faire ses petits trajets utilitaires à vélo.

Par contre, de ma propre expérience, j’ai tiré quelques arguments valables qui peuvent faire hésiter. De manière amusante, je ne les ai jamais entendus que de la bouche de personnes qui ont déjà essayé.

  • Comment faire quand il y a du vent ? Le vent, c’est la condition météo pénible à vélo. À Toulouse, quand on se prend trois ou quatre jours de vent d’autan dans la tronche, c’est un peu démotivant. Personnellement, dans ce cas là, je roule moins vite. On peut aussi décider, ces jours là, de prendre sa voiture ou les transports en commun. Encore une fois, ce n’est pas parce qu’on a décidé d’aller bosser à vélo qu’on a signé de son sang un contrat exclusif avec sa bicyclette.

  • Comment faire quand on est malade ? Ugh. C’est pénible, le vélo, malade. On n’avance pas, on a le nez qui arrive à être bouché et à couler en même temps, les yeux qui pleurent, la gorge qui gratte et les poumons en feu. On peut là aussi, décider de changer de mode de transport le temps que ça aille mieux. Ou de se faire arrêter. Ça évite de contaminer les collègues. (Personnellement, il faut que je sois vraiment mal pour me faire arrêter, et je pense ne pas être le seul dans ce cas : quand on a une convention collective de merde, et 10% de son salaire sous forme d’heures sup’, un arrêt de travail de trois jours, ça fait 25% de salaire en moins à la fin du mois grâce à la carence et aux heures sup’ qui sautent. Tout le monde ne peut pas se le permettre.)
  • J’ai peur de me faire voler mon vélo : en effet, le vol est un fléau qui n’a pas beaucoup de solutions efficaces à 100%. Pour moi, l’idéal est de pouvoir rentrer son vélo dans le garage/couloir/bureau. Si non, les mesures les plus fiables contre le vol, c’est : un ou deux bons antivols (des U) ; des axes de roues antivols, se garer dans un endroit passant à côté d’autres vélos moins bien attachés, et une option vélo dans l’assurance habitation qui couvre les vols hors domicile.
  • Les crevaisons. C’est tellement pénible de crever, et c’est l’une des rares causes d’un retard de dix à quinze minutes. Là aussi, il y a des solutions ou plutôt des « trucs » pour mitiger le problème : des pneus anti-crevaison comme ceux des Velib par exemple, ou bien apprendre à réparer une crevaison et garder un nécessaire dans le sac/sacoche. L’idéal étant de se trimballer une chambre à air de secours afin de s’épargner le rustinage au bord de la route. Au pire on peut toujours accrocher son vélo et prendre les transports en commun, et résoudre le problème le soir. Mais honnêtement, la crevaison, c’est le truc le plus pénible.

Voilà, je crois que j’ai fait le tour de ce que j’entends le plus souvent… Si j’en ai oublié, si vous avez des arguments qui vous agacent ou au contraire des arguments valides, je suis tout ouïe dans les commentaires !

Et ta connerie, on en parle ?

jeudi, juin 1st, 2017

Salut, random internet stranger,

J’en ai un peu plein le fion de répéter toujours les mêmes choses aux mêmes conneries pleines de « bon sens » que je peux lire sous chaque article ou post évoquant la violence routière dont sont victimes les usagers faibles de l’espace public, à savoir les cyclistes et dans une moindre mesure les piétons.

  • « Oui mais eh les cyclistes qui brûlent les feux rouges, on en parle ? »
  • « Loin de moi l’idée de juger mais quand même les cyclistes qui roulent à deux de front ça donne envie de les shooter ! »
  • « Ouais bah le jour où les cyclistes arrêteront de prendre les sens interdits, hein, à bon entendeur »
  • « On leur fait des pistes cyclables et ils viennent encore nous faire chier sur la route »
  • « Non seulement ils prennent toute la place mais en plus ils roulent lentement, j’ai pas que ça à faire d’attendre vingt secondes moi je travaille ! »
  • « Nan mais faut voir comme ils roulent comme des tarés aussi ils vont beaucoup trop vite on n’a pas le temps de réagir »

Voilà, je crois que j’ai fait le tour de tes « arguments » justifiant la mort d’un cycliste.

Alors voilà : non, en n’en parle pas, en tout cas pas là. D’une part, si t’arrives pas à comprendre la différence entre un mec qui fait de la merde à 25km/h sur un vélo de douze kilos et celui qui fait de la merde à 70 km/h dans une bagnole d’une tonne cinq, et ben t’es con.

D’autre part, si tu veux que je fasse pas que t’insulter, je peux aussi répondre sommairement à chacun des lieux communs indignes du PMU du coin que t’as pu éructer sur ton smartphone.

  • Les feux rouges. Je sais pas quand t’as passé ton permis mais si tu te tiens pas au courant des évolutions c’est un peu de ta faute. Ça fait plusieurs années qu’il y a des petits panneaux mignons qu’on appelle des CLPCF (Cédez le passage cycliste au feu). C’est exactement la même chose que la petite flèche orange clignotante qui peut autoriser les voitures à tourner à droite à un feu, sauf que c’est pour les cyclistes et c’est pareil : c’est pour tourner à droite (à un carrefour en T) ou aller tout droit (à un carrefour en -| ). Ça veut dire qu’à vélo t’as le droit de passer au rouge. En cédant le passage aux piétons qui traversent et aux voitures qui ont le feu vert. La plupart des cyclistes que tu vois passer au rouge et qui te causent tant d’indignation dans ta voiture parce que ça fait trois cycles que tu poireautes à cause des bouchons, c’est ça.
  • Pour ceux qui grillent vraiment les feux rouges, j’ai un scoop pour toi : les feux rouges, les mecs les grillent aussi en bagnole ou à scooter. L’autre scoop c’est que le mec à poil sur son vélo de dix kilos, s’il est trop con pour faire attention, c’est pas toi ou ton gamin bien à l’abri dans ton SUV de merde qui va se retrouver à l’hosto ou à la morgue.
  • Ah oui les cyclo-sportifs qui roulent à deux de front quelle plaie hein, des fois faut attendre une minute entière pour les doubler, alors que s’ils étaient à la file indienne tu pourrais les doubler direct sans déboîter un poil parce qu’il y a un semi en face, et s’ils se prennent dans ton rétro bah ils avaient qu’à serrer plus, hein ! Trois choses, trou du cul. D’une part un peloton à deux de front c’est deux fois moins long à doubler, c’est donc d’autant moins dangereux parce que t’as pas besoin d’avoir un kilomètre de visibilité. D’autre part, ça force les gens normaux à déboîter pour doubler et donc à laisser une marge de sécurité (1.50 mètre la marge, c’est dans le code de la route que tu te targues de si bien connaître). Et enfin, quand tu te retrouves derrière un tracteur, t’arrives bien à patienter et à t’écarter pour doubler, non, ou pareil tu le pousses dans le bas-côté ?
  • Les sens interdits, pareil que les feux rouges, tiens toi au jus, t’as l’air d’un vieux sénile, ça fait bientôt quinze ans que les double-sens cyclables ça existe et maintenant c’est la norme dans toutes les villes dignes de ce nom. Et tu sais ce que ça veut dire double sens cyclable ? Avec des mots simples ça veut dire que c’est pas un sens interdit pour les cyclistes. Et viens pas me dire que c’est dangereux parce que tu vas m’énerver. C’est moins dangereux de croiser que de doubler parce que c’est du côté du conducteur et parce que ça dure moins longtemps. Et doubler des cyclistes dans des rues étroites limitées à 30, ça t’as pas l’air de trouver ça dangereux, vu comme t’es pas foutu de patienter cent mètres et que tu forces comme un forceur alors que le feu au bout est rouge.
  • Les pistes cyclables sur lesquelles on n’est pas, devine, on a de bonnes raisons de pas être dessus, et la plupart de ces bonnes raisons c’est encore ta bagnole et celles de tes dégénérés de collègues de bouchons infoutus de réfléchir en se mettant à la place de quelqu’un d’autre. Sur les pistes cyclables on trouve 1/ du verre 2/ des piétons 3/ un cédez-le-passage à chaque croisement 4/ des trouducs qui tournent à droite sans faire gaffe à la piste et coupent la route 5/ des bolosses garés comme des merdes parce que le parking à 100 mètres c’était trop fatiguant y’en a que pour cinq minutes etc. Ça vaut aussi pour les bandes cyclables. (Hey, et avant de la ramener en me disant qu’elles sont obligatoires, retourne dans le code Rousseau te rappeler de la différence entre un panneau bleu rond et un panneau bleu carré. Merci).
  • Alors ça c’est clair quand t’es derrière un connard de cycliste écolo bobo gauchiasse c’est dramatique comme il se traîne, à peine à 20 km/h alors que tu pourrais accélérer au moins à 40 jusqu’au prochain bouchon ou feu rouge que tu vas te taper deux fois parce que les débiles de l’autre branche du croisement s’engagent à l’orange et restent bloqués. Alors que t’es pressé toi tu travailles. Et le cycliste écolo dans la circulation à 8h30 ou 17h30 tu crois qu’il fait quoi lui, il va aux champignons ? Bah non gros, lui aussi il bosse.
  • Par contre quand tu lui as cramé la priorité ou que t’as tourné à droite juste après l’avoir doublé et qu’il vient te reprocher d’avoir dû piler pour pas finir sur ton capot, là d’un seul coup il roulait beaucoup trop vite c’est dangereux, hein ? En plus il a l’air énervé ce con, c’est pas comme si tu l’avais touché hein !

Alors la prochaine fois que tu vois un article qui parle d’un cycliste dans le coma parce qu’il s’est fait dégager de la route par un sociopathe, sois gentil : ferme ta gueule, prends un vélib, pose ton cul dessus, fais deux heures de vélo dans ta ville, et après tu pourras peut-être commencer à donner ton avis. Ça vaut aussi si le mec s’est fait tuer après avoir fait de la merde. Toi aussi tu fais de la merde avec ton smartphone, tu accélères à l’orange, tu roules trop vite, tu t’arrêtes pas pour les piétons. Sauf que toi quand tu fais de la merde c’est pas ta vie dans la balance, c’est la mienne ou celle de mon fils.

Et si t’as envie de laisser un petit commentaire pour me dire que je suis agressif et je devrais faire preuve de pédagogie et je dessers ma cause. Tu sais quoi, toi aussi tu seras agressif quand ça fera dix ans que t’entendras des conneries irréfléchiées sur un sujet qui te concerne. Alors retiens toi.

news for few, stuff no-one cares about