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DIY : Fabriquer une table de pique-nique

mercredi, août 15th, 2018

Ça faisait longtemps qu’on n’avait rien fabriqué… Et c’est l’été, le moment où on a envie de manger dehors, et pas de table pour ça !

Abi voulait une grande table, et une table de pique-nique pour ne pas se poser de questions sur « a t’on assez de chaises, où sont les chaises, les chaises sont trop serrées, etc ».

On a regardé ce qui se faisait sur Internet, et le rapport qualité-prix fait pitié un peu partout, donc on s’en est fait une tous seuls.

Les dimensions : 2 mètres de long, 75cm de haut, plateau de 80cm de large, assise à 45cm du sol et 30cm de large.

Voici le plan :

Vous pourrez retrouver le plan sur la 3D Warehouse de Sketchup.

Nous aurons besoin de :

  • 9 planches de 200cm (5 pour le plateau, 2 par banc)
  • 6 planches de 80cm (4 pour les pieds, 2 en support plateau)
  • 2 planches de 142cm (pour les supports des bancs)
  • 2 planches de 60cm (pour lier les pieds au plateau sur l’axe longitudinal)

La section des planches est de 150mm de large par 50mm d’épaisseur, sauf pour les supports plateau ou l’on a recoupé à 90mm de large pour avoir plus de place pour les jambes.

Pour les angles des pieds, on a choisi un angle d’environ 20°. On enlève sur chaque pied, un triangle rectangle de chaque côté dont le petit côté fait 5.45cm. Cela fera un pied d’une hauteur de 70cm, et avec l’épaisseur du plateau, la table sera à 75cm de haut.

Pour les supports de plateau et les supports de banc, nous avons choisi de recouper un angle de 20° aussi, pour l’esthétique.

La liste de courses est donc la suivante :

Et pour celleux qui n’ont pas de voiture,

  • Livraison (60€)

Le budget de 150€, 210 livré, est donc absolument compétitif avec les modèles qu’on peut trouver sur internet.

L’outillage nécessaire est limité :

  • Une scie plongeante ou scie sauteuse, capable de couper une épaisseur de bois de 5cm. On peut s’en passer et scier à la main contre pas mal d’huile de coude.
  • Une perceuse/visseuse pour faire les pré-trous pour les vis, fraiser les planches et visser les vis. On peut visser à la main mais c’est quand même mieux d’avoir une perceuse pour les pré-trous et le fraisage.
  • Une ponceuse et du papier à poncer (grain 40, 120, 400). On peut se passer de ponceuse contre pas mal d’huile de coude.
  • Pinceau pour lasurer

La réalisation est ensuite assez simple.

Étape 1 : la découpe.

  • 4 planches de 4m => 8 planches de 200cm
  • 1 planche de 4m => 1 planche de 200cm + 2 planches de 80cm
  • 1 planche de 4m => 4 planches de 80cm + 1 planche de 60
  • 1 planche de 4m => 2 planches de 142cm + 1 planche de 60

Pour les angles des pieds : le plus simple est de faire un pied, puis les autres sur le modèle du premier pour être sûr⋅e qu’ils sont identiques.

Étape 2 : ponçage. Pas la peine d’y passer énormément de temps, il s’agit d’enlever les pires échardes. On reviendra au ponçage du plateau et des bancs à la fin.

Étape 3 : assemblage des pieds. Il faut ici bien prendre le temps d’assembler les planches d’équerre et centrées. En particulier, les supports des bancs doivent arriver à 40cm du bas des pieds, de manière à ce que l’assise soit à 45cm une fois les bancs posés. Nous avons d’abord assemblé un pied, puis le deuxième en alignant tout avec le premier. Les croisements des pieds avec les supports de banc sont vissés avec deux fois cinq vis, les croisements avec les supports de plateau avec deux fois trois vis.

Étape 4 : On lasure les pieds, ainsi qu’une face (qui sera le dessous, choisissez les côtés les plus abîmés) de chaque planche de 2 mètres, et leurs côtés (ce serait assez difficile à faire après assemblage) :

Étape 5 : on monte les renforts longitudinaux, puis on les lasure :

Étape 7 : une fois tout cela sec, on assemble les pieds avec la planche centrale du plateau (prendre soin de bien centrer et d’avoir les pieds orthogonaux à la planche du plateau), puis on ajoute les planches suivantes du plateau ainsi que des bancs. Chaque planche est vissée à chaque pied par deux vis.

Étape 8 : On ponce, cette fois de manière extensive (afin de pouvoir s’assoir en short sans prendre d’écharde), le plateau et les bancs. Puis on lasure le tout.

Et voilà le résultat : une belle table, solide et qui a quand même une autre tête que ce que vous avez pu voir sur internet.

Le jour du dépassement, les colibris et les autres

mercredi, août 1st, 2018

Depuis plusieurs années, notre surconsommation de ressources est symbolisée par le « Jour du dépassement », le jour de l’année où l’on a consommé toutes les ressources que la Terre est capable de fournir en un an.

Fort logiquement, si l’on arrive à ce jour avant le 31 décembre, cela signifie qu’à long terme, nous manquerons de ressources, car elles ne se renouvelleront plus assez vite. Dans les années 70, le Jour du Dépassement arrivait fin décembre. On tirait, un tout petit peu, sur la corde.

Cette année, en 2018, il est arrivé le 1er août, à peine à 7 douzièmes de l’année. Il est évident que c’est problématique.

Depuis longtemps, cette surconsommation m’agace, et je suis prompt à râler sur mes concitoyen·ne·s qui n’en ont rien à carrer. Celleux qui prennent la voiture pour aller chercher leur sandwich à la boulangerie à 500m, parce que là il pleut fort, quand même. Celleux qui laissent le moteur tourner, fenêtres fermées pour la clim, en attendant leur rendez-vous, parce que là il fait chaud, quand même. Celleux qui règlent la climatisation à 19°C en pleine canicule et le chauffage à 26°C en plein hiver. Celleux qui s’installent à 30km de la ville, pour avoir assez de place pour installer une piscine (chauffée si possible !), et qui dépendent intégralement d’une voiture par personne pour pouvoir vaquer à leurs occupations.

Bref :

Je juge !

Tandis que moi, tel le colibri de la fable de la secte de Pierre Rahbi qui sait bien que ce n’est pas avec ses gouttes d’eau qu’il va éteindre le feu de la forêt mais qui fait quand même sa part, tandis que moi donc, je m’efforce de ne pas déplacer 1 tonne de voiture sur 9km pour aller travailler, je trie bien mes déchets et je fais du compost, je n’imprime pas cet email et j’éteins l’eau quand je me brosse les dents.

Je me rends bien compte que ça ne sert à rien, mais ça donne l’impression d’essayer. Parce que sinon, les alternatives sont peu enthousiasmantes : on pourrait

  • voter Vert. Ça sert à rien, ils seront jamais élus. Mais on pourrait dire qu’on a voté vert.
  • tout plaquer pour aller vivre dans des yourtes avec les autres hippies. C’est un peu engagé, et puis les dernier·e·s qui ont essayé se sont pris de la grenade GLI-F4 par dizaine dans la gueule.
  • Décider que fuck it, et espérer que ça ira à peu près jusqu’à ce qu’on soit mort et nos enfants aussi (parce que quand même c’est triste de laisser un champ de bataille à nos enfants).

Parce que je me rends bien compte que ce qui serait nécessaire pour endiguer ça, c’est une volonté commune et mondiale. Une volonté politique. Une volonté politique contraignante, celle qu’on appelle l’écologie punitive, c’est la seule qui fonctionnera, parce que l’écologie joyeuse où on continue de consommer comme maintenant mais avec une voiture électrique et des panneaux solaires sur les toits ça suffira jamais, parce qu’environ toutes les industries qu’on sur-sollicite polluent horriblement.

  • L’industrie pétrolière pollue (on en a besoin pour les transports, le chauffage et à peu près toutes les autres industries).
  • L’industrie textile pollue.
  • L’industrie électronique pollue.
  • L’industrie agro-alimentaire pollue.
  • L’industrie du BTP pollue.
  • L’industrie des loisirs pollue.
  • (j’en oublie plein. Dites moi lesquelles en commentaire, ça changera des insultes)

Alors non, ça va pas être drôle quand ça sera devenu presque impossible d’acheter des vêtements pas chers, provenant de l’autre bout de la planète par bateau. Ça va être pénible quand les smartphones coûteront cinq fois plus cher que maintenant, qu’un billet d’avion sera inabordable sans casser le PEL, et que même remplir le réservoir de sa voiture sera réservé aux plus riches.

Sauf que voilà, si on se met à faire des efforts maintenant, ça va être problématique pour les plus riches actuels, justement. Ceux qui s’enrichissent sur le dos des travailleurs qu’ils exploitent (jusqu’à la mort) dans les usines de t-shirts à 4.99€, ceux qui s’enrichissent sur le dos des plus grandes forêts du monde sans se soucier d’où iront les orang-outangs qui y habitent, ceux qui réfrigèrent le permafrost artificiellement pour que les hydrocarbures qu’ils extraient puissent continuer à réchauffer le reste.

Si on arrête de les laisser faire, ils vont avoir moins d’argent. Ils ont besoin de tout cet argent pour que ça ruisselle. Non je blague. Ils ont besoin de tout cet argent pour pouvoir émigrer au Groënland quand le reste de la planète sera inhabitable.

Et s’ils ont moins d’argent, les gens qu’on élit pour nous représenter auront moins d’argent. Alors les gens qu’on élit laissent faire et facilitent. Ils votent des accords de libre échange commercial dans tous les sens, reculent sur l’emploi de pesticides, sur les hydrocarbures, déconstruisent les protections sociales et évidemment, rejettent toute amélioration des conditions des travailleur·euse·s. La stabilité, la solidarité, ça coûte cher.

(Oui, je fais des raccourcis, faites moi un procès).

Jusqu’à l’année dernière, je m’étais fait une raison : depuis aussi loin que je m’en souvienne, aucun de nos élus successifs n’en avait quoi que ce soit à foutre de l’écologie. Alors qu’ils se soient comportés comme s’ils n’en avaient rien à foutre, finalement, c’était pas plus choquant que ça.

Mais cette année, ça m’a particulièrement agacé, parce que la bande de bras cassés* qui est actuellement aux commandes fait semblant que ça l’intéresse :

 

 

Et je pense que j’avais jamais vu autant de cynisme dans un seul gouvernement. Alors j’ai râlé sur Twitter, et comme j’avais encore envie de râler après, j’ai râlé ici.

Mais si ça se trouve je me trompe complètement et heureusement qu’on fait comme maintenant, parce que si les pauvres étaient moins pauvres et les riches moins riches ce serait pire :

La rage de la route

vendredi, mars 9th, 2018

La société, les vendeurs de voitures passent leur temps à engrainer dans la tête des gens que voiture = liberté.

Happy man driving car, ©Shutterstock

Et au final tu prends ta voiture et au moindre grain de sable dans la circulation, tu te retrouves coincé, impuissant.

Not so happy people driving cars, ©Shutterstock

Tu t’arrêtes derrière la voiture de devant qui s’est arrêtée parce qu’un livreur livre, ou y’a un camion poubelle, ou d’autres voitures sont engagées dans un carrefour coincé. Ou alors deux personnes ont cru pouvoir croiser mais en fait non et maintenant elles peuvent plus reculer parce qu’il y a quelqu’un derrière.

Toi t’es coincé, tu peux pas reculer non plus, y’a des gens qui sont arrivés. Tu pourrais prendre à gauche dans vingt mètres… Mais à gauche c’est un sens interdit sauf pour les cyclistes.

Tu pourrais faire demi-tour, mais y’en a un qui a commencé ça trois voitures derrière toi et du coup la voie d’en face est pleine d’autre gens coincés.

À ta droite, sur le trottoir, y’a une mamie avec son cabas qui te dépasse, ça fait déjà trois fois qu’elle te dépasse sur cette rue. Y’a douze vélos qui sont passés, tu les as vu arriver dans ton rétro, tu les vois déjà plus devant.

Tu commences à fantasmer d’avoir des pales sur le toit pour t’arracher, de faire un strike dans ce tas de cons qui t’empêche d’avancer, ah si seulement t’avais un camion comme dans Mad Max.

Tu fais encore dix mètres. Y’a que de la merde à la radio, t’as oublié ta clé USB, c’est chiant. T’éteins la radio, t’entends plus que les klaxons. T’as des crampes à la jambe gauche à force de débrayer.

Encore vingt mètres, y’a enfin le petit raccourci malin qui part à droite, une toute petite rue qui te fait faire un détour mais y’a jamais personne dessus. Tu te jettes dedans, t’accélères, tu roules ENFIN à 40 ! Et t’as même pas atteint 50km/h qu’un petit bâtard d’écolo qui se balade sur son vélo à panier t’a forcé sa priorité au lieu d’attendre que tu passes.

Quel connard.

Il le sait pas, qu’il va moins vite à vélo ?

Et maintenant dans ta petite rue étroite qui était vide, voilà que ce crétin se met à un mètre des voitures stationnées. En plein milieu de la route ! Et toi tu poireautes derrière alors que t’as pas que ça à foutre.

Y’a moyen de le doubler, ça passe, en fait. Bon, c’est pas large mais s’il était pas au milieu, aussi ! Alors tu mets un grand coup d’accélérateur, les roues de gauche presque dans le caniveau, mais pas trop quand même, parce que ce serait chiant de rayer les jantes alu.

Et ce bobo de tes deux, au lieu de se remettre à droite, voilà qu’il gueule ! Ton sang ne fait qu’un tour. Ça fait déjà 40 minutes que t’es parti du boulot, à 5km de là, c’est pas un crétin qui doit même pas avoir le permis qui va t’apprendre à conduire !

Tu vas lui apprendre à partager la route, au cyclo-terroriste : un bon coup de frein, en travers pour le coincer, tu descends de la voiture, et tu défoules toute cette frustration, accumulée depuis des semaines, sur ce petit cycliste qui prend toute la place.

PS : je suis persuadé, quelque part, que la société du tout-voiture et les frustrations qu’elle engendre participe à l’intolérance, au rejet de l’autre, et à l'(extrême-)droitisation de notre société.

Stravomatic : une app Android pour démarrer Strava automatiquement

dimanche, décembre 17th, 2017

Ce week-end, je me suis souvenu que quand j’ai eu mon nouveau téléphone, il comptait mes pas tout seul, et j’ai cherché pourquoi. Il se trouve qu’il y a un service Google Play qui permet aux développeurs de récupérer l’activité de l’utilisateur (marche, course, vélo, etc), et j’ai décidé d’essayer de développer ma première app Android : Stravomatic.

J’utilise Strava depuis quelques années et je le trouve extrêmement utile pour suivre mon kilométrage, mais parfois j’oublie de le lancer chaque matin et chaque soir quand je vais travailler.

Le développement s’est passé bien mieux que je ne pensais au départ, et je crois que j’ai une bonne petite app fiable, qui démarre une activité Strava automatiquement quand je commence à faire du vélo (ou à courir) (ça n’arrive jamais) (sauf ce week-end où j’ai fait plein de tours dans le jardin pour tester, au grand amusement de ma copine et mes voisins). C’est une app simple avec une page de réglages et un composant en arrière plan qui suit ce qu’il se passe :

Comme elle n’utilise pas le GPS, et tire avantage des Google Play Services, elle n’a pas l’air de tirer de manière notable sur la batterie, ce qui me fait bien plaisir.

Je l’ai publiée sur Google Play : Stravomatic, et j’en suis plutôt fier ! J’espère qu’elle servira à d’autres étourdis :)

Les freins psychologiques et réels au vélo en ville

jeudi, novembre 30th, 2017

Il m’arrive régulièrement de parler de transport, et plus spécifiquement de vélo, avec des gens, soit des ami.e.s, soit des inconnu.e.s sur les réseaux sociaux. Peut-être parce que j’apprécie beaucoup me déplacer à vélo, vous avez pu le remarquer.

Souvent ces personnes se rendent bien compte que se déplacer en voiture, c’est inoptimal au mieux, horripilant au pire. Iels disent perdre un temps fou dans les bouchons, que ça leur prend une heure vingt de faire dix kilomètres, que c’est stressant.

Mais généralement, iels considèrent c’est de la faute des politiques de transport. Il faudrait plus de routes, plus de voies sur la rocade, etc. Factuellement, un siècle d’automobile a prouvé maintes et maintes fois qu’en matière de transport, la demande suit l’offre, et que lorsqu’on ajoute de la capacité de transport routier, plus de véhicules l’utilisent, et l’on se retrouve dans la même situation qu’auparavant : dans un bouchon, avec plus de voitures. Certain.e.s utilisent une analogie qui me plaît bien : ajouter des routes pour lutter contre l’encombrement routier, c’est comme desserrer sa ceinture pour lutter contre l’obésité.

Bref. À certain.e.s, lorsque je suis motivé, de bonne humeur, ou que j’ai l’impression qu’iels sont réellement dans une optique de résolution de problème, je leur suggère d’utiliser leur vélo pour leurs petits ou moyens trajets : en dessous de dix kilomètres, soit trente à quarante minutes de vélo sans trop forcer, c’est absolument envisageable et les avantages sont objectivement là : c’est plus rapide, c’est plus fiable. Un troisième avantage subjectif : c’est plus agréable (je dis subjectif, car je sais que certains sont allergiques au vélo. Les goûts et les couleurs !)

Mais, bien souvent, ma suggestion se heurte à un barrage de DCA de contre-arguments, dont le but est de justifier qu’une heure de vélo par jour, décidément, ce n’est pas envisageable. C’est à ces arguments que j’arrive à distinguer les personnes de bonne foi, celleux qui ont réfléchi ou réfléchissent activement à trouver des solutions, et celleux qui sont là pour se plaindre, mais ne comptent pas changer leurs habitudes, attendant plutôt qu’on les résolve à leur place.

Je vais commencer par citer les arguments qui ressortent le plus souvent et que je considère comme fallacieux, et je vous donnerai ensuite ceux que je considère comme valides. Sans faire durer le suspense : les arguments valides, je ne les entends presque jamais.

Tout ceci s’applique aux personnes qui, comme moi, vivent en ville ou en périphérie proche. Pour les campagnes et les déserts comme la Creuse, le Gers, où les distances s’allongent beaucoup et la densité baisse beaucoup, évidemment, le vélo est beaucoup moins facilement une solution, mais de toutes façons, dans ces cas là, les problèmes de congestion sont quasiment inexistants.

Tout d’abord il y a les arguments organisationnels :

  • Comment faire pour amener les enfants à l’école ? Bon. J’ai remarqué en observant mes enfants et ceux des autres qu’ils sont à peu près tous dotés d’une paire de jambes et qu’elles sont tout à fait utilisables pour aller à l’école. Soit à pieds, soit à vélo. En zone urbaine dense, tant que les enfants sont scolarisés dans la carte scolaire, les écoles sont proches du domicile. 500m ou 2km, ça se fait vite, à vélo, même avec des enfants. Lorsqu’ils sont petits, une draisienne, un siège bébé, un vélo cargo, tout cela est non seulement possible, mais aussi agréable. Pour les enfants scolarisés hors carte scolaire, je considère que celleux qui refusent d’utiliser les infrastructures mises à leur disposition perdent le droit de se plaindre que les infrastructures sont inadaptées.

  • Comment faire pour les courses ? Chacun.e a sa propre façon de faire les courses, c’est sûr. De mon côté, si j’ai des choses à acheter en rentrant du travail, ce sont « les trucs qui manquent » (du pain, un ingrédient ou deux du repas du soir, etc.), pas « le plein du mois ». Cela rentre facilement dans une ou deux sacoches, ou un sac à dos. Bonus : à vélo, on peut se garer au plus près des commerces et on gagne du temps. Je connais des gens qui font les grosses courses du mois après le travail (parfois en magasin, parfois par Chronodrive ou assimilé). Mais je ne vois pas en quoi ça empêche d’utiliser son vélo le reste du temps. On peut très bien envisager de prendre la voiture une fois de temps en temps quand cela se révèle utile. Personne n’a dit qu’une fois qu’on a décidé d’aller bosser à vélo, on est censé brûler sa voiture devant une permanence d’EELV.
  • Après il y a celleux qui pensent aux autres : Comment faire pour déposer sa grand-mère invalide, comment faire quand on est artisan-plombier avec cinq radiateurs et une chaudière à installer ? Excusez-moi, mais je ne vois pas le rapport, on n’est pas en train de parler d’interdire totalement l’utilisation de véhicules motorisés, si ? On est juste en train d’envisager, soi-même, d’utiliser un vélo pour faire un relativement court trajet à vide ou presque (une gamelle pour le midi, un ordinateur portable, … a-t’on vraiment besoin d’une voiture pour transporter cette lourde charge ?)

On trouve ensuite les arguments météorologiques :

  • Comment faire quand il fait chaud, on transpire ? Ah oui. Tout le monde transpire quand il fait chaud. Sauf condition médicale, la sueur, ça sèche, et ça ne sent pas mauvais quand on est propre. Certain.e.s ont un travail où il faut avoir l’air « respectable » face aux clients, costard ou tailleur par exemple. On peut envisager de se changer, peut-être. Ou de rouler moins vite, ou d’utiliser un VAE (vélo à assistance électrique) pour se donner moins chaud.
  • Comment faire quand il fait froid, on a froid : Alors justement non, ou alors pas longtemps, juste au début. Ce qui est pratique avec l’effort physique, c’est qu’on peut le doser, et si le besoin de se réchauffer apparaît, on peut appuyer plus fort sur les pédales.
  • Comment faire quand il pleut, ça mouille : Personnellement, je ne suis pas en sucre et ne fonds pas sous la pluie. D’autre part, on trouve assez facilement, chez Decathlon ou ailleurs, des vêtements imperméables qui permettent d’éviter d’être mouillé. C’est une avancée majeure de notre civilisation qui date du XIIIe siècle ou avant, selon ce que l’on entend par « imperméable ». On peut utiliser une veste, ajouter un sur-pantalon pour les grosses pluies, ou bien une cape de pluie, les solutions sont variées et il y en a pour tous les goûts.

Enfin, une dernière catégorie d’argument que je résume souvent par « le vélo c’est fait pour se promener à la campagne », et qui sont des contre-vérités monumentales.

  • C’est dangereux le vélo, en ville. Petite parenthèse lexicale : non. Ce sont les voitures qui sont dangereuses, le vélo, pour sa part, est risqué, dans une certaine mesure : le deux-roues motorisé est beaucoup plus source d’accidents graves et mortels. Sur le fond, c’est faux aussi : les accidents graves et mortels de cyclistes ont lieu, en général, à la campagne, là où les voitures roulent vite. Il y a beaucoup de statistiques sur le sujet.
  • Le vélo, c’est pour les bobos qui se promènent, je travaille moi, je suis pressé. On a déjà établi que quand on est pressé.e, en ville, la voiture est la pire solution, la plus lente et la moins fiable ! Personnellement, je vais travailler à vélo parce que je suis pressé !
  • « Oui mais les vélos ils grillent les feux rouges ». À ce niveau là d’argumentation, retournez boire un pastis au PMU. Je ne vois pas en quoi le comportement de certain.e.s cyclistes peut valider ou invalider votre propre choix de mode de transport. D’autant qu’en regardant, des entorses plus ou moins grave au code de la route, tout le monde en fait : à pied, à moto/scooter, en voiture, en camionnette, en camion. Et plus le véhicule est gros et lourd, plus ces entorses mettent les autres en danger ; plus il est petit et léger, plus elles ne mettent que soi-même en danger. Youtube fourmille de vidéos de piétons, cyclistes et motards documentant ça.

Voilà qui conclut ma petite liste personnelle des arguments dépitants pour expliquer que décidément, non, c’est pas possible de faire ses petits trajets utilitaires à vélo.

Par contre, de ma propre expérience, j’ai tiré quelques arguments valables qui peuvent faire hésiter. De manière amusante, je ne les ai jamais entendus que de la bouche de personnes qui ont déjà essayé.

  • Comment faire quand il y a du vent ? Le vent, c’est la condition météo pénible à vélo. À Toulouse, quand on se prend trois ou quatre jours de vent d’autan dans la tronche, c’est un peu démotivant. Personnellement, dans ce cas là, je roule moins vite. On peut aussi décider, ces jours là, de prendre sa voiture ou les transports en commun. Encore une fois, ce n’est pas parce qu’on a décidé d’aller bosser à vélo qu’on a signé de son sang un contrat exclusif avec sa bicyclette.

  • Comment faire quand on est malade ? Ugh. C’est pénible, le vélo, malade. On n’avance pas, on a le nez qui arrive à être bouché et à couler en même temps, les yeux qui pleurent, la gorge qui gratte et les poumons en feu. On peut là aussi, décider de changer de mode de transport le temps que ça aille mieux. Ou de se faire arrêter. Ça évite de contaminer les collègues. (Personnellement, il faut que je sois vraiment mal pour me faire arrêter, et je pense ne pas être le seul dans ce cas : quand on a une convention collective de merde, et 10% de son salaire sous forme d’heures sup’, un arrêt de travail de trois jours, ça fait 25% de salaire en moins à la fin du mois grâce à la carence et aux heures sup’ qui sautent. Tout le monde ne peut pas se le permettre.)
  • J’ai peur de me faire voler mon vélo : en effet, le vol est un fléau qui n’a pas beaucoup de solutions efficaces à 100%. Pour moi, l’idéal est de pouvoir rentrer son vélo dans le garage/couloir/bureau. Si non, les mesures les plus fiables contre le vol, c’est : un ou deux bons antivols (des U) ; des axes de roues antivols, se garer dans un endroit passant à côté d’autres vélos moins bien attachés, et une option vélo dans l’assurance habitation qui couvre les vols hors domicile.
  • Les crevaisons. C’est tellement pénible de crever, et c’est l’une des rares causes d’un retard de dix à quinze minutes. Là aussi, il y a des solutions ou plutôt des « trucs » pour mitiger le problème : des pneus anti-crevaison comme ceux des Velib par exemple, ou bien apprendre à réparer une crevaison et garder un nécessaire dans le sac/sacoche. L’idéal étant de se trimballer une chambre à air de secours afin de s’épargner le rustinage au bord de la route. Au pire on peut toujours accrocher son vélo et prendre les transports en commun, et résoudre le problème le soir. Mais honnêtement, la crevaison, c’est le truc le plus pénible.

Voilà, je crois que j’ai fait le tour de ce que j’entends le plus souvent… Si j’en ai oublié, si vous avez des arguments qui vous agacent ou au contraire des arguments valides, je suis tout ouïe dans les commentaires !

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