Archive for the 'Personal' Category

Le prix de l’essence

mercredi, octobre 24th, 2018

Apparemment le prix de l’essence a augmenté (dont les taxes). Je m’en suis rendu compte sur les réseaux sociaux, où les pétitions et les appels à « bloquer le périph » ont fleuri comme on aimerait qu’ils fleurissent quand l’état matraque des manifestants, supprime la moitié des cotisations santé ou chômage, laisse les bateaux de migrants se noyer, … vous voyez où je veux en venir.

Mais là, on touche, semble-t’il, aux libertés fondamentales des citoyen·ne·s. Il s’agit, après tout, de l’article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme, qui stipule que

Toute personne a le droit de circuler librement

Qu’importe si cette déclaration ne mentionne ni « dans sa voiture », ni « pour pas cher ».

On retrouve sans surprise le panel habituel des arguments dès lors qu’on touche, même du bout du doigt, à la sacro-sainte automobile. Les automobilistes vaches à lait, bientôt il va falloir payer pour respirer, ou encore le fait que c’est encore les plus précaires qui vont morfler.

Je vais passer sur les deux premiers, bien que j’ai quand même envie de développer un peu à quel point « on va payer pour respirer » est un argument outrancier alors que le sujet est justement d’essayer de continuer à pouvoir respirer. Le troisième par contre possède un fond de vérité : en effet, les plus pauvres (enfin, les plus pauvres qui sont suffisamment riches pour avoir et entretenir une voiture) sont encore ceux qui vont subir le plus cette augmentation.

Comme pour l’énergie au sens large (électricité, chauffage), comme pour la TVA, comme pour la consommation de base, comme pour les frais bancaires, …

Les difficultés des ménages les plus pauvres sont bien plus profondes que de savoir s’iels pourront faire le plein pour aller faire les courses dans la ZI du coin. Les plus précaires hésitent entre acheter du café ou des pâtes, repoussent l’achat de produits de base pour payer leur loyer, payent leur téléphone trois fois plus cher que les autres car iels n’ont pas les moyens de le payer cash sans se lier pieds et poings à un opérateur.

Celleux que j’entends râler le plus sur l’augmentation du prix de l’essence, ce sont les classes moyennes, dont je fais partie. Cette augmentation a un plus gros impact sur leur mode de vie, parce qu’iels sont suffisamment à l’aise pour pouvoir se payer le confort d’aller travailler en voiture plutôt que de se taper les transports en commun ou les intempéries à vélo, ou bien encore parce que c’est trop loin et mal desservi… vu qu’iels sont tellement à l’aise qu’iels ont deux voitures par ménage, parce que c’est quand même plus pratique lorsqu’on est parti habiter en deuxième couronne de l’agglo du coin pour avoir une maison plus grande/pour moins cher, avec un jardin et une piscine de préférence.

L’étalement urbain est une plaie pour les individus, la société et la planète. Pour beaucoup, nous travaillons plus loin de chez nous que les gens ne partaient en vacances il y a à peine 80 ans. L’étalement urbain a de multiples causes qui sont difficiles à résoudre, mais sur lesquelles je suis persuadé qu’il serait bon de travailler. Il me semble qu’au niveau de la société, on a commencé à travailler dessus, avec de meilleurs et plus larges maillages de transport en commun pour celleux qui sont déjà loin, avec une urbanisation différente où l’on fait une meilleure place aux habitations collectives sans pour autant retomber dans le travers des « barres » des années 70 (on peut trouver moche et dommage la reconfiguration des quartiers où les petites maisons tombent les unes après les autres pour laisser pousser les petits immeubles des promoteurs immobiliers, mais cela me semble incontournable pour toutes les villes à la démographie positive).

© Andy Singer

Il y a encore pas mal de choses à faire cependant, des choses qui sont, pour l’instant, à chacun·e d’implémenter soi-même en attendant. Par exemple, je suis assez convaincu qu’une bonne partie de l’ « exode banlieusard » serait endiguée si le coût du transport individuel était pris en compte dans les calculs d’endettement pour les loyers ou les crédits. Certes, pour une surface identique, nous payons quelques centaines d’euros de moins par mois à Plaisance-du-Touch ou à Nailloux qu’à Toulouse. Cela permet à beaucoup de trouver un habitat suffisamment confortable pour leur famille tout en restant en dessous de 30% d’endettement. Mais finalement, le coût de leur transport fait perdre ce bénéfice financier immédiatement (Mappy nous indique que Nailloux-Toulouse ça fait environ 3.50€/trajet, 140€/mois ; Plaisance-Toulouse: 70€/mois, et cela prend en compte le carburant mais pas l’usure qui occasionne de l’entretien, ni le coût du parking). Multipliez par deux pour un couple. Sauf que cet argent, on ne peut le mettre dans son logement, ça dépasse les 30% d’endettement sinon.

J’ai mis trois ans à trouver une maison suffisamment grande pour notre famille de 5 avec un budget très limité. J’aurais pu la trouver en trois mois en partant à Saint-Jory ou à Nailloux. Sauf que mon crédit à 1000€/mois, je voulais qu’il soit limité de manière pérenne à 1000€/mois ; pas 1000 + 150€ de transport aujourd’hui, pas 1000 + 300€ dans dix ans. (et je ne voulais pas non plus en payer une partie invisible en passant 2 ou 3 heures par jour sur la route).

Alors, c’est facile de partir en mode outragé quand le poste essence augmente, ça donne bonne conscience de se cacher derrière les plus pauvres pour montrer l’injustice de la chose, mais ce qui serait honnête c’est de réfléchir un peu plus globalement au problème. On est en 2018, il est peut-être temps de se rendre compte que les transports, ça coûte cher, en termes d’argent et aussi en termes de temps. Que mathématiquement, plus jamais l’énergie ne coûtera moins cher que maintenant, plus jamais elle ne sera aussi abondante, plus on avance et plus elle sera rare et chère.

© Hergé

La seule solution pour ne pas être entraîné dans cette spirale, c’est de faire en sorte d’en avoir moins besoin.

  • Prendre en compte le coût du transport dans les calculs de coût d’habitation (évidemment le taux d’endettement autorisé devrait refléter la réalité, à savoir 40 à 50% du budget) ;
  • réguler les loyers ;
  • réguler l’économie 2.0 comme AirBnb qui a un effet désastreux sur le prix de l’immobilier en ville ;
  • Pousser fort vers les transports en commun et le vélo, avec (beaucoup) de parking relais, et des péages urbains
  • Densifier et mélanger les types d’activités (résidentiel, commerces, emploi) par quartier
  • Aller vers des voitures légères et économes

Quelques chiffres sur l’utilisation de l’automobile en France :

C’est à dire que pour aller travailler tout seul à 10km de chez lui, le CSP moyen de base déplace 1500kg de voiture pour 70kg de charge utile, ça lui prend au moins autant de temps qu’à vélo, ça fait 1kg de CO2, 70cl d’essence (soit deux canettes), 25 MJ d’énergie (autant que la consommation journalière de ma maison entière, chauffage exclus). À titre de comparaison, 10km à vélo, c’est 0.2 MJ.

Alors au lieu de se plaindre du coût de l’essence, peut-être qu’il serait bon de s’acheter une décence et d’arrêter le gaspillage facteur 125 d’énergie, hein ?

(J’ai demandé à mon collègue qui va chercher son sandwich du midi en voiture à 400 mètres, à quel prix au litre il commencerait à y aller à pieds. Il a dit « No limit, ça fait pas beaucoup d’essence ». Du coup, bah,… je pense que l’essence est pas assez chère.)

Un petit dessin animé sur les différents leviers de lutte contre l’étalement urbain (on voit qu’il faut une volonté politique forte) :

 

DIY : Fabriquer une table de pique-nique

mercredi, août 15th, 2018

Ça faisait longtemps qu’on n’avait rien fabriqué… Et c’est l’été, le moment où on a envie de manger dehors, et pas de table pour ça !

Abi voulait une grande table, et une table de pique-nique pour ne pas se poser de questions sur « a t’on assez de chaises, où sont les chaises, les chaises sont trop serrées, etc ».

On a regardé ce qui se faisait sur Internet, et le rapport qualité-prix fait pitié un peu partout, donc on s’en est fait une tous seuls.

Les dimensions : 2 mètres de long, 75cm de haut, plateau de 80cm de large, assise à 45cm du sol et 30cm de large.

Voici le plan :

Vous pourrez retrouver le plan sur la 3D Warehouse de Sketchup.

Nous aurons besoin de :

  • 9 planches de 200cm (5 pour le plateau, 2 par banc)
  • 6 planches de 80cm (4 pour les pieds, 2 en support plateau)
  • 2 planches de 142cm (pour les supports des bancs)
  • 2 planches de 60cm (pour lier les pieds au plateau sur l’axe longitudinal)

La section des planches est de 150mm de large par 50mm d’épaisseur, sauf pour les supports plateau ou l’on a recoupé à 90mm de large pour avoir plus de place pour les jambes.

Pour les angles des pieds, on a choisi un angle d’environ 20°. On enlève sur chaque pied, un triangle rectangle de chaque côté dont le petit côté fait 5.45cm. Cela fera un pied d’une hauteur de 70cm, et avec l’épaisseur du plateau, la table sera à 75cm de haut.

Pour les supports de plateau et les supports de banc, nous avons choisi de recouper un angle de 20° aussi, pour l’esthétique.

La liste de courses est donc la suivante :

Et pour celleux qui n’ont pas de voiture,

  • Livraison (60€)

Le budget de 150€, 210 livré, est donc absolument compétitif avec les modèles qu’on peut trouver sur internet.

L’outillage nécessaire est limité :

  • Une scie plongeante ou scie sauteuse, capable de couper une épaisseur de bois de 5cm. On peut s’en passer et scier à la main contre pas mal d’huile de coude.
  • Une perceuse/visseuse pour faire les pré-trous pour les vis, fraiser les planches et visser les vis. On peut visser à la main mais c’est quand même mieux d’avoir une perceuse pour les pré-trous et le fraisage.
  • Une ponceuse et du papier à poncer (grain 40, 120, 400). On peut se passer de ponceuse contre pas mal d’huile de coude.
  • Pinceau pour lasurer

La réalisation est ensuite assez simple.

Étape 1 : la découpe.

  • 4 planches de 4m => 8 planches de 200cm
  • 1 planche de 4m => 1 planche de 200cm + 2 planches de 80cm
  • 1 planche de 4m => 4 planches de 80cm + 1 planche de 60
  • 1 planche de 4m => 2 planches de 142cm + 1 planche de 60

Pour les angles des pieds : le plus simple est de faire un pied, puis les autres sur le modèle du premier pour être sûr⋅e qu’ils sont identiques.

Étape 2 : ponçage. Pas la peine d’y passer énormément de temps, il s’agit d’enlever les pires échardes. On reviendra au ponçage du plateau et des bancs à la fin.

Étape 3 : assemblage des pieds. Il faut ici bien prendre le temps d’assembler les planches d’équerre et centrées. En particulier, les supports des bancs doivent arriver à 40cm du bas des pieds, de manière à ce que l’assise soit à 45cm une fois les bancs posés. Nous avons d’abord assemblé un pied, puis le deuxième en alignant tout avec le premier. Les croisements des pieds avec les supports de banc sont vissés avec deux fois cinq vis, les croisements avec les supports de plateau avec deux fois trois vis.

Étape 4 : On lasure les pieds, ainsi qu’une face (qui sera le dessous, choisissez les côtés les plus abîmés) de chaque planche de 2 mètres, et leurs côtés (ce serait assez difficile à faire après assemblage) :

Étape 5 : on monte les renforts longitudinaux, puis on les lasure :

Étape 7 : une fois tout cela sec, on assemble les pieds avec la planche centrale du plateau (prendre soin de bien centrer et d’avoir les pieds orthogonaux à la planche du plateau), puis on ajoute les planches suivantes du plateau ainsi que des bancs. Chaque planche est vissée à chaque pied par deux vis.

Étape 8 : On ponce, cette fois de manière extensive (afin de pouvoir s’assoir en short sans prendre d’écharde), le plateau et les bancs. Puis on lasure le tout.

Et voilà le résultat : une belle table, solide et qui a quand même une autre tête que ce que vous avez pu voir sur internet.

Le jour du dépassement, les colibris et les autres

mercredi, août 1st, 2018

Depuis plusieurs années, notre surconsommation de ressources est symbolisée par le « Jour du dépassement », le jour de l’année où l’on a consommé toutes les ressources que la Terre est capable de fournir en un an.

Fort logiquement, si l’on arrive à ce jour avant le 31 décembre, cela signifie qu’à long terme, nous manquerons de ressources, car elles ne se renouvelleront plus assez vite. Dans les années 70, le Jour du Dépassement arrivait fin décembre. On tirait, un tout petit peu, sur la corde.

Cette année, en 2018, il est arrivé le 1er août, à peine à 7 douzièmes de l’année. Il est évident que c’est problématique.

Depuis longtemps, cette surconsommation m’agace, et je suis prompt à râler sur mes concitoyen·ne·s qui n’en ont rien à carrer. Celleux qui prennent la voiture pour aller chercher leur sandwich à la boulangerie à 500m, parce que là il pleut fort, quand même. Celleux qui laissent le moteur tourner, fenêtres fermées pour la clim, en attendant leur rendez-vous, parce que là il fait chaud, quand même. Celleux qui règlent la climatisation à 19°C en pleine canicule et le chauffage à 26°C en plein hiver. Celleux qui s’installent à 30km de la ville, pour avoir assez de place pour installer une piscine (chauffée si possible !), et qui dépendent intégralement d’une voiture par personne pour pouvoir vaquer à leurs occupations.

Bref :

Je juge !

Tandis que moi, tel le colibri de la fable de la secte de Pierre Rahbi qui sait bien que ce n’est pas avec ses gouttes d’eau qu’il va éteindre le feu de la forêt mais qui fait quand même sa part, tandis que moi donc, je m’efforce de ne pas déplacer 1 tonne de voiture sur 9km pour aller travailler, je trie bien mes déchets et je fais du compost, je n’imprime pas cet email et j’éteins l’eau quand je me brosse les dents.

Je me rends bien compte que ça ne sert à rien, mais ça donne l’impression d’essayer. Parce que sinon, les alternatives sont peu enthousiasmantes : on pourrait

  • voter Vert. Ça sert à rien, ils seront jamais élus. Mais on pourrait dire qu’on a voté vert.
  • tout plaquer pour aller vivre dans des yourtes avec les autres hippies. C’est un peu engagé, et puis les dernier·e·s qui ont essayé se sont pris de la grenade GLI-F4 par dizaine dans la gueule.
  • Décider que fuck it, et espérer que ça ira à peu près jusqu’à ce qu’on soit mort et nos enfants aussi (parce que quand même c’est triste de laisser un champ de bataille à nos enfants).

Parce que je me rends bien compte que ce qui serait nécessaire pour endiguer ça, c’est une volonté commune et mondiale. Une volonté politique. Une volonté politique contraignante, celle qu’on appelle l’écologie punitive, c’est la seule qui fonctionnera, parce que l’écologie joyeuse où on continue de consommer comme maintenant mais avec une voiture électrique et des panneaux solaires sur les toits ça suffira jamais, parce qu’environ toutes les industries qu’on sur-sollicite polluent horriblement.

  • L’industrie pétrolière pollue (on en a besoin pour les transports, le chauffage et à peu près toutes les autres industries).
  • L’industrie textile pollue.
  • L’industrie électronique pollue.
  • L’industrie agro-alimentaire pollue.
  • L’industrie du BTP pollue.
  • L’industrie des loisirs pollue.
  • (j’en oublie plein. Dites moi lesquelles en commentaire, ça changera des insultes)

Alors non, ça va pas être drôle quand ça sera devenu presque impossible d’acheter des vêtements pas chers, provenant de l’autre bout de la planète par bateau. Ça va être pénible quand les smartphones coûteront cinq fois plus cher que maintenant, qu’un billet d’avion sera inabordable sans casser le PEL, et que même remplir le réservoir de sa voiture sera réservé aux plus riches.

Sauf que voilà, si on se met à faire des efforts maintenant, ça va être problématique pour les plus riches actuels, justement. Ceux qui s’enrichissent sur le dos des travailleurs qu’ils exploitent (jusqu’à la mort) dans les usines de t-shirts à 4.99€, ceux qui s’enrichissent sur le dos des plus grandes forêts du monde sans se soucier d’où iront les orang-outangs qui y habitent, ceux qui réfrigèrent le permafrost artificiellement pour que les hydrocarbures qu’ils extraient puissent continuer à réchauffer le reste.

Si on arrête de les laisser faire, ils vont avoir moins d’argent. Ils ont besoin de tout cet argent pour que ça ruisselle. Non je blague. Ils ont besoin de tout cet argent pour pouvoir émigrer au Groënland quand le reste de la planète sera inhabitable.

Et s’ils ont moins d’argent, les gens qu’on élit pour nous représenter auront moins d’argent. Alors les gens qu’on élit laissent faire et facilitent. Ils votent des accords de libre échange commercial dans tous les sens, reculent sur l’emploi de pesticides, sur les hydrocarbures, déconstruisent les protections sociales et évidemment, rejettent toute amélioration des conditions des travailleur·euse·s. La stabilité, la solidarité, ça coûte cher.

(Oui, je fais des raccourcis, faites moi un procès).

Jusqu’à l’année dernière, je m’étais fait une raison : depuis aussi loin que je m’en souvienne, aucun de nos élus successifs n’en avait quoi que ce soit à foutre de l’écologie. Alors qu’ils se soient comportés comme s’ils n’en avaient rien à foutre, finalement, c’était pas plus choquant que ça.

Mais cette année, ça m’a particulièrement agacé, parce que la bande de bras cassés* qui est actuellement aux commandes fait semblant que ça l’intéresse :

 

 

Et je pense que j’avais jamais vu autant de cynisme dans un seul gouvernement. Alors j’ai râlé sur Twitter, et comme j’avais encore envie de râler après, j’ai râlé ici.

Mais si ça se trouve je me trompe complètement et heureusement qu’on fait comme maintenant, parce que si les pauvres étaient moins pauvres et les riches moins riches ce serait pire :

La rage de la route

vendredi, mars 9th, 2018

La société, les vendeurs de voitures passent leur temps à engrainer dans la tête des gens que voiture = liberté.

Happy man driving car, ©Shutterstock

Et au final tu prends ta voiture et au moindre grain de sable dans la circulation, tu te retrouves coincé, impuissant.

Not so happy people driving cars, ©Shutterstock

Tu t’arrêtes derrière la voiture de devant qui s’est arrêtée parce qu’un livreur livre, ou y’a un camion poubelle, ou d’autres voitures sont engagées dans un carrefour coincé. Ou alors deux personnes ont cru pouvoir croiser mais en fait non et maintenant elles peuvent plus reculer parce qu’il y a quelqu’un derrière.

Toi t’es coincé, tu peux pas reculer non plus, y’a des gens qui sont arrivés. Tu pourrais prendre à gauche dans vingt mètres… Mais à gauche c’est un sens interdit sauf pour les cyclistes.

Tu pourrais faire demi-tour, mais y’en a un qui a commencé ça trois voitures derrière toi et du coup la voie d’en face est pleine d’autre gens coincés.

À ta droite, sur le trottoir, y’a une mamie avec son cabas qui te dépasse, ça fait déjà trois fois qu’elle te dépasse sur cette rue. Y’a douze vélos qui sont passés, tu les as vu arriver dans ton rétro, tu les vois déjà plus devant.

Tu commences à fantasmer d’avoir des pales sur le toit pour t’arracher, de faire un strike dans ce tas de cons qui t’empêche d’avancer, ah si seulement t’avais un camion comme dans Mad Max.

Tu fais encore dix mètres. Y’a que de la merde à la radio, t’as oublié ta clé USB, c’est chiant. T’éteins la radio, t’entends plus que les klaxons. T’as des crampes à la jambe gauche à force de débrayer.

Encore vingt mètres, y’a enfin le petit raccourci malin qui part à droite, une toute petite rue qui te fait faire un détour mais y’a jamais personne dessus. Tu te jettes dedans, t’accélères, tu roules ENFIN à 40 ! Et t’as même pas atteint 50km/h qu’un petit bâtard d’écolo qui se balade sur son vélo à panier t’a forcé sa priorité au lieu d’attendre que tu passes.

Quel connard.

Il le sait pas, qu’il va moins vite à vélo ?

Et maintenant dans ta petite rue étroite qui était vide, voilà que ce crétin se met à un mètre des voitures stationnées. En plein milieu de la route ! Et toi tu poireautes derrière alors que t’as pas que ça à foutre.

Y’a moyen de le doubler, ça passe, en fait. Bon, c’est pas large mais s’il était pas au milieu, aussi ! Alors tu mets un grand coup d’accélérateur, les roues de gauche presque dans le caniveau, mais pas trop quand même, parce que ce serait chiant de rayer les jantes alu.

Et ce bobo de tes deux, au lieu de se remettre à droite, voilà qu’il gueule ! Ton sang ne fait qu’un tour. Ça fait déjà 40 minutes que t’es parti du boulot, à 5km de là, c’est pas un crétin qui doit même pas avoir le permis qui va t’apprendre à conduire !

Tu vas lui apprendre à partager la route, au cyclo-terroriste : un bon coup de frein, en travers pour le coincer, tu descends de la voiture, et tu défoules toute cette frustration, accumulée depuis des semaines, sur ce petit cycliste qui prend toute la place.

PS : je suis persuadé, quelque part, que la société du tout-voiture et les frustrations qu’elle engendre participe à l’intolérance, au rejet de l’autre, et à l'(extrême-)droitisation de notre société.

Stravomatic : une app Android pour démarrer Strava automatiquement

dimanche, décembre 17th, 2017

Ce week-end, je me suis souvenu que quand j’ai eu mon nouveau téléphone, il comptait mes pas tout seul, et j’ai cherché pourquoi. Il se trouve qu’il y a un service Google Play qui permet aux développeurs de récupérer l’activité de l’utilisateur (marche, course, vélo, etc), et j’ai décidé d’essayer de développer ma première app Android : Stravomatic.

J’utilise Strava depuis quelques années et je le trouve extrêmement utile pour suivre mon kilométrage, mais parfois j’oublie de le lancer chaque matin et chaque soir quand je vais travailler.

Le développement s’est passé bien mieux que je ne pensais au départ, et je crois que j’ai une bonne petite app fiable, qui démarre une activité Strava automatiquement quand je commence à faire du vélo (ou à courir) (ça n’arrive jamais) (sauf ce week-end où j’ai fait plein de tours dans le jardin pour tester, au grand amusement de ma copine et mes voisins). C’est une app simple avec une page de réglages et un composant en arrière plan qui suit ce qu’il se passe :

Comme elle n’utilise pas le GPS, et tire avantage des Google Play Services, elle n’a pas l’air de tirer de manière notable sur la batterie, ce qui me fait bien plaisir.

Je l’ai publiée sur Google Play : Stravomatic, et j’en suis plutôt fier ! J’espère qu’elle servira à d’autres étourdis :)

news for few, stuff no-one cares about