DIY: Étagères à vernis/maquillage

Ma copine commençait à manquer de place pour ranger ses vernis à ongles et son maquillage, il a fallu passer à la taille supérieure d’étagère. Histoire d’avoir le temps de voir venir, on a préparé les plans d’un meuble le plus grand possible tout en restant esthétique.

On est donc partis sur une taille de 162cm x 85cm, avec 7 étagères de 5cm de profondeur. Le plan :

Hey Josh, ça faisait longtemps

J’ai commandé le bois prédécoupé (de l’aulne en 18mm d’épaisseur) chez La Boutique du Bois, car mon rail de scie plongeante ne fait qu’un mètre vingt de long et je voulais des étagères bien rectilignes. Pour les rebords en face avant ainsi que le fond, j’ai utilisé du contreplaqué peuplier de 5mm.

J’ai dû couper moi-même les rebords, car la Boutique du Bois ne découpe pas de bandes si étroites (3.5cm). En m’appliquant, malgré le rail trop court, c’est presque parfait.

Les étagères et bords du meuble sont collés plus vissés par le fond (une vis tous les 10cm pour les montants verticaux, une vis tous les 30cm pour les étagères horizontales).

Les rebords sont collés à la colle à bois.

Enfin, j’ai collé des chutes de contreplaqué derrière pour éviter que les 56 vis ne frottent la peinture du mur, puis nous avons accroché le meuble au mur à l’aide de six équerres chaise (4 en bas, 2 en haut) de façon à faire une fixation quasi-invisible.

Une bonne dose de vernis plus tard, voici le résultat :

Vu de profil

Et une fois commencé à remplir, ça donne ça :

Il en manque environ 30% là

Personnellement je suis content du résultat, et plus important, Abi l’utilisatrice finale aussi !

DIY: Étagères flottantes suspendues

Ce week-end, j’ai finalisé un projet qui me tenait à coeur pour la pièce à vivre de notre nouvelle maison (on a déménagé !) : de grandes étagères flottantes et suspendues.

Voici les grandes lignes du projet, réalisé de manière a rester dans un budget acceptable, pour celleux que cela pourrait inspirer.

Le plan, tout d’abord :

Cela sera composé de trois planches de 2.36m sur 32.5cm de profondeur et de six planches de 1.23m et de même profondeur. Le « meuble » fait au total environ 3.5m de large sur 1.8m de haut.

La liste de courses :

  • 3 plans de travail en hêtre, 2.50m x 65cm, épaisseur 2.6cm (Leroy-Merlin), 207€
  • 33 chevilles Strongfix (RegalRaum), 91€
  • 4 chevilles à bascule (Leroy-Merlin), 8€
  • 10m de câble inox ø 3mm (FassadenGrün), 8€
  • 4 serre-câbles olives (FassadenGrün), 12€
  • 22 arrêt-butoirs inox (FassadenGrün), 47€
  • 4 cosses cœur (Leroy-Merlin), 8€

J’ai eu besoin d’un peu de matériel qui me manquait (il manque toujours des outils) :

  • Une pince coupe-câble (FassadenGrün), 40€
  • Un foret bois de 12mm (Leroy-Merlin), 6€
  • Un foret béton de 12mm (Leroy-Merlin), 20€
  • et enfin j’ai choisi la facilité et fait faire les 10 traits de coupe des plans de travail chez Leroy-Merlin, pour éviter les problèmes de coupe que j’aurais forcément eu si j’avais essayé de couper droit sur 2.36m de long avec une scie plongeante d’entrée de gamme et un rail de guidage de 1,40m: 50€.

Total: 498€, ce qui est extrêmement raisonnable, je pense, pour ce genre de projet. Mes premières estimations avant de chercher des moyens de limiter le budget m’amenaient vers 1100, 1200€. La plus grosse économie se fait sur les planches, qui coûtent bien moins cher sous forme de plans de travail redécoupés. Il y a aussi des économies du simple au double à faire avec la quincaillerie inox pour les câbles.

Fun fact: chez FassadenGrün, le seul moyen de paiement international disponible est le virement bancaire… après la livraison. J’ai reçu ma commande, enregistré leur RIB puis payé la commande. Ce niveau de confiance ravit le Bisounours qui sommeille en moi !

La physique, ensuite

L’idée était d’utiliser les chevilles Strongfix pour fixer les étagères au mur, et de solidifier à l’avant avec des câbles accrochés au plafond. Les chevilles en question sont censées supporter une charge de 12.5kg pièce. Le bois massif étant lourd (7.5kg pour les étagères d’1.23m et 15kg pour celles de 2.36m), j’ai prévu trois chevilles pour chaque petite planche et cinq pour les grandes. Il y a d’autre part deux câbles pour chaque petite planche, et trois pour chaque grande.

Théoriquement (car en pratique chaque point ne supportera pas le même poids), cela divise le poids à supporter par cinq pour les petites planches (soit 1.5kg par point) et par huit pour les grandes (soit 1.8kg).

Les câbles, par contre, supporteront plusieurs étagères chacun (jusqu’à 7 pour les deux câbles centraux), ce qui peut représenter jusqu’à 14kg par câble. J’ai donc pris de grosses chevilles à bascule (et j’ai hésité avec du scellement chimique).

Il faut ensuite ne pas oublier qu’on va y mettre des choses, sur ces étagères. Bref, ma technique n’est sûrement pas la bonne pour un mur et/ou un plafond en placoplâtre, sous peine de refaire le mur après arrachage violent. Chez nous, c’est de la grosse brique, ça passe, à mon avis, largement.

La réalisation

J’ai commencé par utiliser une longue barre métallique pour me faire un gabarit. En effet, il faut correctement aligner les trous des planches avec ceux dans les murs, sous peine de ne pas pouvoir rentrer la partie dépassante des chevilles. Dans le gabarit, j’ai fait un trou à 5cm, puis tous les 56.5cm. Cela permet d’avoir le même écartement de chevilles et de câbles dans les planches de 1.23 comme de 2.36m : 5cm,  61.5cm, 118cm, 174.5cm, 231cm.

Puis j’ai percé les trous de 12mm dans les planches.

Pour les faire le plus droit possible, j’ai commencé chaque trou à la visseuse, légère et plus maniable, sur environ 1.5cm de profondeur, puis fini le trou (de 10cm de profondeur, quand même) au perforateur 1250W, sans percussion bien sûr. C’était assez impressionnant, de la fumée sortait des trous et le foret sortait brûlant. C’est là que j’ai commencé à me dire que c’était un projet qui risquait d’être physique.

Les trous des chevilles faits, ne pas oublier les trous pour passer les câbles. J’ai utilisé les mêmes repères pour les trous des câbles que pour ceux des chevilles, mais il n’y a, respectivement, que un et trois passages de câble pour les planches de 1.23m et de 2.36m.

J’ai ensuite testé l’insertion d’une cheville dans l’un des trous :

Ça coinçait. La partie de la cheville est dotée d’une empreinte hexagonale de 11 sur toute sa longueur, et ça ne passait pas dans les trous de 12. J’ai donc pris mon mal en patience et meulé les empreintes hexagonales sur 9 centimètres sur 10. (22 chevilles fois 6 arêtes fois environ 4 passages par arête). C’est là que j’ai commencé à me dire que c’était un projet qui risquait d’être un peu laborieux.

Puis j’ai commencé la pose en procédant planche par planche. J’ai ajouté deux trous « temporaires » à mon gabarit. Puis pour chaque planche, percé un trou de 6mm dans le mur pour fixer un côté du gabarit, à la bonne hauteur et au bon écartement, fait le niveau, percé un deuxième trou de 6 pour finir de fixer le gabarit, pris les repères des trous de cheville à faire.

À ce sujet : j’ai utilisé le gabarit sur les planches en posant le verso du gabarit sur la tranche de la planche ; et sur les murs, il faut poser le recto du gabarit. De cette manière, chaque trou de planche et chaque trou de cheville se trouve repéré par le même trou sur le gabarit. Si l’on utilise le même côté du gabarit contre la planche et contre le mur, le trou de gauche d’un côté se retrouve à droite de l’autre, et si le gabarit n’est pas parfaitement réalisé (narrateur : le gabarit n’est jamais parfait), ça correspondra mal.

Puis j’ai déposé le gabarit, et percé les trois ou cinq trous de 12 pour les chevilles. Il ne reste plus qu’à serrer les chevilles, à la visseuse puis à la clé de 11 (plus difficile pour certaines que pour d’autres, elles ne sont pas dotées d’ailettes anti-rotation, et c’est bien dommage pour des chevilles à presque 3€/pièce de devoir les coincer à coup de carton, de cure-dents et de galérer). Avant d’installer la planche, en haut, ne pas oublier de trouer le plafond aux endroits idoines (toujours avec le gabarit pour faire le bon écartement de câbles, mais cette fois sans fixation temporaire, c’est un peu plus compliqué), et d’insérer la cheville à bascule.

Puis présenter la planche et commencer l’insertion des chevilles une par une, en pivotant la planche après la première. Pour les planches de 2.36m, avec cinq chevilles, c’est un peu laborieux. Pour celle du haut, à 2.30m de haut, j’ai eu besoin de l’aide d’Abi.

Et enfin, pousser la planche contre le mur. Là aussi, la réalité vient contredire la théorie, et comme les chevilles – qui rentraient bien dans les planches en montage à blanc – n’étaient pas toutes pile poil à 90°, ou bien le perfo ayant ripé d’un tiers de millimètre sur le mur, ou bien tout ce que le vrai monde jette à la face des plans SketchUp… Eh bien ça forçait suffisamment pour que ce soit impossible à faire à la main sur plus de 2cm. C’est là que j’ai eu confirmation que ce projet était un peu physique et laborieux. Mais, c’est aussi là que j’ai eu confirmation que tout devrait tenir : les planches de 15kg, insérées d’à peine 2cm dans les chevilles, et donc avec un poids en sacré porte-à-faux, restaient suspendues sans souci et tirer dessus à la main  vers le bas n’occasionnait ni bruits inquiétants, ni fissures horribles.

J’ai donc résolu le souci de l’insertion à grands coups de massette (avec une cale martyre, bien sûr, ou plutôt quatre, car elles finissaient par éclater les unes après les autres.

À la fin, toutes les étagères n’attendaient plus que leurs câbles.

(Sur cette photo, il en manque encore une).

Réaliser les câbles était bien moins fatiguant. À part la mise en place de la cosse coeur et de l’olive serre-câble qui requiert trois mains (merci Abi !), c’est simple comme du Lego, et carrément agréable de « coudre » les étagères avec le câble en le passant de haut en bas. Régler les arrêts butoirs est un peu plus compliqué lorsque l’étagère pointe un peu vers le bas, car il faut mettre légèrement en tension le câble tout en soutenant l’étagère avec l’épaule.

Le résultat :

Ça m’a pris environ dix heures pour tout faire – il reste à vernir. Tout s’est bien passé, j’ai eu moins de souci d’alignement que je ne craignais. C’était une journée physiquement fatiguante mais très agréable !

La rage de la route

La société, les vendeurs de voitures passent leur temps à engrainer dans la tête des gens que voiture = liberté.

Happy man driving car, ©Shutterstock

Et au final tu prends ta voiture et au moindre grain de sable dans la circulation, tu te retrouves coincé, impuissant.

Not so happy people driving cars, ©Shutterstock

Tu t’arrêtes derrière la voiture de devant qui s’est arrêtée parce qu’un livreur livre, ou y’a un camion poubelle, ou d’autres voitures sont engagées dans un carrefour coincé. Ou alors deux personnes ont cru pouvoir croiser mais en fait non et maintenant elles peuvent plus reculer parce qu’il y a quelqu’un derrière.

Toi t’es coincé, tu peux pas reculer non plus, y’a des gens qui sont arrivés. Tu pourrais prendre à gauche dans vingt mètres… Mais à gauche c’est un sens interdit sauf pour les cyclistes.

Tu pourrais faire demi-tour, mais y’en a un qui a commencé ça trois voitures derrière toi et du coup la voie d’en face est pleine d’autre gens coincés.

À ta droite, sur le trottoir, y’a une mamie avec son cabas qui te dépasse, ça fait déjà trois fois qu’elle te dépasse sur cette rue. Y’a douze vélos qui sont passés, tu les as vu arriver dans ton rétro, tu les vois déjà plus devant.

Tu commences à fantasmer d’avoir des pales sur le toit pour t’arracher, de faire un strike dans ce tas de cons qui t’empêche d’avancer, ah si seulement t’avais un camion comme dans Mad Max.

Tu fais encore dix mètres. Y’a que de la merde à la radio, t’as oublié ta clé USB, c’est chiant. T’éteins la radio, t’entends plus que les klaxons. T’as des crampes à la jambe gauche à force de débrayer.

Encore vingt mètres, y’a enfin le petit raccourci malin qui part à droite, une toute petite rue qui te fait faire un détour mais y’a jamais personne dessus. Tu te jettes dedans, t’accélères, tu roules ENFIN à 40 ! Et t’as même pas atteint 50km/h qu’un petit bâtard d’écolo qui se balade sur son vélo à panier t’a forcé sa priorité au lieu d’attendre que tu passes.

Quel connard.

Il le sait pas, qu’il va moins vite à vélo ?

Et maintenant dans ta petite rue étroite qui était vide, voilà que ce crétin se met à un mètre des voitures stationnées. En plein milieu de la route ! Et toi tu poireautes derrière alors que t’as pas que ça à foutre.

Y’a moyen de le doubler, ça passe, en fait. Bon, c’est pas large mais s’il était pas au milieu, aussi ! Alors tu mets un grand coup d’accélérateur, les roues de gauche presque dans le caniveau, mais pas trop quand même, parce que ce serait chiant de rayer les jantes alu.

Et ce bobo de tes deux, au lieu de se remettre à droite, voilà qu’il gueule ! Ton sang ne fait qu’un tour. Ça fait déjà 40 minutes que t’es parti du boulot, à 5km de là, c’est pas un crétin qui doit même pas avoir le permis qui va t’apprendre à conduire !

Tu vas lui apprendre à partager la route, au cyclo-terroriste : un bon coup de frein, en travers pour le coincer, tu descends de la voiture, et tu défoules toute cette frustration, accumulée depuis des semaines, sur ce petit cycliste qui prend toute la place.

PS : je suis persuadé, quelque part, que la société du tout-voiture et les frustrations qu’elle engendre participe à l’intolérance, au rejet de l’autre, et à l'(extrême-)droitisation de notre société.

Stravomatic : une app Android pour démarrer Strava automatiquement

Ce week-end, je me suis souvenu que quand j’ai eu mon nouveau téléphone, il comptait mes pas tout seul, et j’ai cherché pourquoi. Il se trouve qu’il y a un service Google Play qui permet aux développeurs de récupérer l’activité de l’utilisateur (marche, course, vélo, etc), et j’ai décidé d’essayer de développer ma première app Android : Stravomatic.

J’utilise Strava depuis quelques années et je le trouve extrêmement utile pour suivre mon kilométrage, mais parfois j’oublie de le lancer chaque matin et chaque soir quand je vais travailler.

Le développement s’est passé bien mieux que je ne pensais au départ, et je crois que j’ai une bonne petite app fiable, qui démarre une activité Strava automatiquement quand je commence à faire du vélo (ou à courir) (ça n’arrive jamais) (sauf ce week-end où j’ai fait plein de tours dans le jardin pour tester, au grand amusement de ma copine et mes voisins). C’est une app simple avec une page de réglages et un composant en arrière plan qui suit ce qu’il se passe :

Comme elle n’utilise pas le GPS, et tire avantage des Google Play Services, elle n’a pas l’air de tirer de manière notable sur la batterie, ce qui me fait bien plaisir.

Je l’ai publiée sur Google Play : Stravomatic, et j’en suis plutôt fier ! J’espère qu’elle servira à d’autres étourdis :)

Les freins psychologiques et réels au vélo en ville

Il m’arrive régulièrement de parler de transport, et plus spécifiquement de vélo, avec des gens, soit des ami.e.s, soit des inconnu.e.s sur les réseaux sociaux. Peut-être parce que j’apprécie beaucoup me déplacer à vélo, vous avez pu le remarquer.

Souvent ces personnes se rendent bien compte que se déplacer en voiture, c’est inoptimal au mieux, horripilant au pire. Iels disent perdre un temps fou dans les bouchons, que ça leur prend une heure vingt de faire dix kilomètres, que c’est stressant.

Mais généralement, iels considèrent c’est de la faute des politiques de transport. Il faudrait plus de routes, plus de voies sur la rocade, etc. Factuellement, un siècle d’automobile a prouvé maintes et maintes fois qu’en matière de transport, la demande suit l’offre, et que lorsqu’on ajoute de la capacité de transport routier, plus de véhicules l’utilisent, et l’on se retrouve dans la même situation qu’auparavant : dans un bouchon, avec plus de voitures. Certain.e.s utilisent une analogie qui me plaît bien : ajouter des routes pour lutter contre l’encombrement routier, c’est comme desserrer sa ceinture pour lutter contre l’obésité.

Bref. À certain.e.s, lorsque je suis motivé, de bonne humeur, ou que j’ai l’impression qu’iels sont réellement dans une optique de résolution de problème, je leur suggère d’utiliser leur vélo pour leurs petits ou moyens trajets : en dessous de dix kilomètres, soit trente à quarante minutes de vélo sans trop forcer, c’est absolument envisageable et les avantages sont objectivement là : c’est plus rapide, c’est plus fiable. Un troisième avantage subjectif : c’est plus agréable (je dis subjectif, car je sais que certains sont allergiques au vélo. Les goûts et les couleurs !)

Mais, bien souvent, ma suggestion se heurte à un barrage de DCA de contre-arguments, dont le but est de justifier qu’une heure de vélo par jour, décidément, ce n’est pas envisageable. C’est à ces arguments que j’arrive à distinguer les personnes de bonne foi, celleux qui ont réfléchi ou réfléchissent activement à trouver des solutions, et celleux qui sont là pour se plaindre, mais ne comptent pas changer leurs habitudes, attendant plutôt qu’on les résolve à leur place.

Je vais commencer par citer les arguments qui ressortent le plus souvent et que je considère comme fallacieux, et je vous donnerai ensuite ceux que je considère comme valides. Sans faire durer le suspense : les arguments valides, je ne les entends presque jamais.

Tout ceci s’applique aux personnes qui, comme moi, vivent en ville ou en périphérie proche. Pour les campagnes et les déserts comme la Creuse, le Gers, où les distances s’allongent beaucoup et la densité baisse beaucoup, évidemment, le vélo est beaucoup moins facilement une solution, mais de toutes façons, dans ces cas là, les problèmes de congestion sont quasiment inexistants.

Tout d’abord il y a les arguments organisationnels :

  • Comment faire pour amener les enfants à l’école ? Bon. J’ai remarqué en observant mes enfants et ceux des autres qu’ils sont à peu près tous dotés d’une paire de jambes et qu’elles sont tout à fait utilisables pour aller à l’école. Soit à pieds, soit à vélo. En zone urbaine dense, tant que les enfants sont scolarisés dans la carte scolaire, les écoles sont proches du domicile. 500m ou 2km, ça se fait vite, à vélo, même avec des enfants. Lorsqu’ils sont petits, une draisienne, un siège bébé, un vélo cargo, tout cela est non seulement possible, mais aussi agréable. Pour les enfants scolarisés hors carte scolaire, je considère que celleux qui refusent d’utiliser les infrastructures mises à leur disposition perdent le droit de se plaindre que les infrastructures sont inadaptées.

  • Comment faire pour les courses ? Chacun.e a sa propre façon de faire les courses, c’est sûr. De mon côté, si j’ai des choses à acheter en rentrant du travail, ce sont « les trucs qui manquent » (du pain, un ingrédient ou deux du repas du soir, etc.), pas « le plein du mois ». Cela rentre facilement dans une ou deux sacoches, ou un sac à dos. Bonus : à vélo, on peut se garer au plus près des commerces et on gagne du temps. Je connais des gens qui font les grosses courses du mois après le travail (parfois en magasin, parfois par Chronodrive ou assimilé). Mais je ne vois pas en quoi ça empêche d’utiliser son vélo le reste du temps. On peut très bien envisager de prendre la voiture une fois de temps en temps quand cela se révèle utile. Personne n’a dit qu’une fois qu’on a décidé d’aller bosser à vélo, on est censé brûler sa voiture devant une permanence d’EELV.
  • Après il y a celleux qui pensent aux autres : Comment faire pour déposer sa grand-mère invalide, comment faire quand on est artisan-plombier avec cinq radiateurs et une chaudière à installer ? Excusez-moi, mais je ne vois pas le rapport, on n’est pas en train de parler d’interdire totalement l’utilisation de véhicules motorisés, si ? On est juste en train d’envisager, soi-même, d’utiliser un vélo pour faire un relativement court trajet à vide ou presque (une gamelle pour le midi, un ordinateur portable, … a-t’on vraiment besoin d’une voiture pour transporter cette lourde charge ?)

On trouve ensuite les arguments météorologiques :

  • Comment faire quand il fait chaud, on transpire ? Ah oui. Tout le monde transpire quand il fait chaud. Sauf condition médicale, la sueur, ça sèche, et ça ne sent pas mauvais quand on est propre. Certain.e.s ont un travail où il faut avoir l’air « respectable » face aux clients, costard ou tailleur par exemple. On peut envisager de se changer, peut-être. Ou de rouler moins vite, ou d’utiliser un VAE (vélo à assistance électrique) pour se donner moins chaud.
  • Comment faire quand il fait froid, on a froid : Alors justement non, ou alors pas longtemps, juste au début. Ce qui est pratique avec l’effort physique, c’est qu’on peut le doser, et si le besoin de se réchauffer apparaît, on peut appuyer plus fort sur les pédales.
  • Comment faire quand il pleut, ça mouille : Personnellement, je ne suis pas en sucre et ne fonds pas sous la pluie. D’autre part, on trouve assez facilement, chez Decathlon ou ailleurs, des vêtements imperméables qui permettent d’éviter d’être mouillé. C’est une avancée majeure de notre civilisation qui date du XIIIe siècle ou avant, selon ce que l’on entend par « imperméable ». On peut utiliser une veste, ajouter un sur-pantalon pour les grosses pluies, ou bien une cape de pluie, les solutions sont variées et il y en a pour tous les goûts.

Enfin, une dernière catégorie d’argument que je résume souvent par « le vélo c’est fait pour se promener à la campagne », et qui sont des contre-vérités monumentales.

  • C’est dangereux le vélo, en ville. Petite parenthèse lexicale : non. Ce sont les voitures qui sont dangereuses, le vélo, pour sa part, est risqué, dans une certaine mesure : le deux-roues motorisé est beaucoup plus source d’accidents graves et mortels. Sur le fond, c’est faux aussi : les accidents graves et mortels de cyclistes ont lieu, en général, à la campagne, là où les voitures roulent vite. Il y a beaucoup de statistiques sur le sujet.
  • Le vélo, c’est pour les bobos qui se promènent, je travaille moi, je suis pressé. On a déjà établi que quand on est pressé.e, en ville, la voiture est la pire solution, la plus lente et la moins fiable ! Personnellement, je vais travailler à vélo parce que je suis pressé !
  • « Oui mais les vélos ils grillent les feux rouges ». À ce niveau là d’argumentation, retournez boire un pastis au PMU. Je ne vois pas en quoi le comportement de certain.e.s cyclistes peut valider ou invalider votre propre choix de mode de transport. D’autant qu’en regardant, des entorses plus ou moins grave au code de la route, tout le monde en fait : à pied, à moto/scooter, en voiture, en camionnette, en camion. Et plus le véhicule est gros et lourd, plus ces entorses mettent les autres en danger ; plus il est petit et léger, plus elles ne mettent que soi-même en danger. Youtube fourmille de vidéos de piétons, cyclistes et motards documentant ça.

Voilà qui conclut ma petite liste personnelle des arguments dépitants pour expliquer que décidément, non, c’est pas possible de faire ses petits trajets utilitaires à vélo.

Par contre, de ma propre expérience, j’ai tiré quelques arguments valables qui peuvent faire hésiter. De manière amusante, je ne les ai jamais entendus que de la bouche de personnes qui ont déjà essayé.

  • Comment faire quand il y a du vent ? Le vent, c’est la condition météo pénible à vélo. À Toulouse, quand on se prend trois ou quatre jours de vent d’autan dans la tronche, c’est un peu démotivant. Personnellement, dans ce cas là, je roule moins vite. On peut aussi décider, ces jours là, de prendre sa voiture ou les transports en commun. Encore une fois, ce n’est pas parce qu’on a décidé d’aller bosser à vélo qu’on a signé de son sang un contrat exclusif avec sa bicyclette.

  • Comment faire quand on est malade ? Ugh. C’est pénible, le vélo, malade. On n’avance pas, on a le nez qui arrive à être bouché et à couler en même temps, les yeux qui pleurent, la gorge qui gratte et les poumons en feu. On peut là aussi, décider de changer de mode de transport le temps que ça aille mieux. Ou de se faire arrêter. Ça évite de contaminer les collègues. (Personnellement, il faut que je sois vraiment mal pour me faire arrêter, et je pense ne pas être le seul dans ce cas : quand on a une convention collective de merde, et 10% de son salaire sous forme d’heures sup’, un arrêt de travail de trois jours, ça fait 25% de salaire en moins à la fin du mois grâce à la carence et aux heures sup’ qui sautent. Tout le monde ne peut pas se le permettre.)
  • J’ai peur de me faire voler mon vélo : en effet, le vol est un fléau qui n’a pas beaucoup de solutions efficaces à 100%. Pour moi, l’idéal est de pouvoir rentrer son vélo dans le garage/couloir/bureau. Si non, les mesures les plus fiables contre le vol, c’est : un ou deux bons antivols (des U) ; des axes de roues antivols, se garer dans un endroit passant à côté d’autres vélos moins bien attachés, et une option vélo dans l’assurance habitation qui couvre les vols hors domicile.
  • Les crevaisons. C’est tellement pénible de crever, et c’est l’une des rares causes d’un retard de dix à quinze minutes. Là aussi, il y a des solutions ou plutôt des « trucs » pour mitiger le problème : des pneus anti-crevaison comme ceux des Velib par exemple, ou bien apprendre à réparer une crevaison et garder un nécessaire dans le sac/sacoche. L’idéal étant de se trimballer une chambre à air de secours afin de s’épargner le rustinage au bord de la route. Au pire on peut toujours accrocher son vélo et prendre les transports en commun, et résoudre le problème le soir. Mais honnêtement, la crevaison, c’est le truc le plus pénible.

Voilà, je crois que j’ai fait le tour de ce que j’entends le plus souvent… Si j’en ai oublié, si vous avez des arguments qui vous agacent ou au contraire des arguments valides, je suis tout ouïe dans les commentaires !

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