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Un étudiant à Toulouse :

>Un voyage à Paris





Et c'est reparti, encore une fois il faut retourner à Paris, pour le boulot. Bon, on a donc pas trop le choix.
Le plus chouette dans les voyages à Paris, de mon point du vue du moins, c'est, justement, le voyage. Ensuite, une fois qu'on y est, ben c'est pas drôle.

Voyage, donc, où l'on passe sept heures sur la route, de Toulouse à Paris.
Le départ, souvent long et difficile, étant donné qu'on a encore douze trucs à faire avant de pouvoir raisonnablement décoller. Le cas échéant, il a fallu se coltiner le remontage de deux ordinateurs en pièces, puis le plein d'essence, puis changer un clignotant et les essuie-glace. Ça fait qu'on s'est levés à sept heures et demie, pour partir à dix et demie. Bon, c'était nécessaire et on n'avait qu'à s'y prendre plus tôt.

Puis donc le voyage lui même, autoroute, un peu de nationale 20 dans le coin de Cahors, autoroute, autoroute.

Étant donné que j'ai, depuis six mois, le permis, je peux au moins relayer Yann sur la conduite, il se fatigue donc moins, et je m'ennuie moins. La voiture est confortable, la route est vide et agréable, il fait beau, on a de la musique (à vrai dire on pourrait même avoir du café si l'envie nous en prenait, étant donné que, proches de notre confort, nous avons emmené un onduleur géant, comme de sales informaticiens que nous sommes).

Contrairement à ce que l'on peut croire, l'autoroute, ce n'est pas si monotone. Il y a toujours des trucs amusants ou bizarres à y voir, comme par exemple le monsieur qui roule à 160 en zigzaguant bizarrement entre 2 files parce qu'il téléphone, ou bien le camion qui en double un autre en haut d'une montée, les deux cars de C.R.S. qui arrivent et investissent la place sur une aire d'autoroute au moment où nous y prenons un café, ... Surprise un peu stressante d'ailleurs, de sortir des toilettes et de se retrouver au milieu de vingt C.R.S. qui discutent autour des lavabos.

On passe devant ces bleds aux noms amusants, dont les panneaux indicateurs sont maintenant attendus par habitude, Magnac, Arnac-la-Poste et "Vatan - village étape".

Le plein d'essence expire enfin à Orléans, où l'on fait un petit détour par un centre commercial quelconque pour en remettre. Ce petit détour dans mon agglomération natale me donne envie de passer dire bonjour chez moi, tout en sachant que ce n'est pas très sérieux car le temps passe, on est fatigués et faut y aller. La raison prenant le dessus, ma culpabilité est atténuée par le fait qu'à quatre heures de l'après-midi, la maison est sans doute vide.

Et, insindieusement, sans nous en rendre compte, en passant d'un côté à l'autre de la Loire, le soleil disparaît progressivement pour laisser place à un ciel typiquement parisien.

  

Puis l'autoroute vide et bordée de paysages plus ou moins agréables, mais presque toujours verts, disparaît pour laisser place au Périph bordé de paysages grisâtres, bétonnés et publicisés, et bondé de voitures qui arrivent de partout - droite, gauche, presque par le haut.

Et nous y voilà arrivés, bientôt sortis des embouteillages pour arriver chez Betty, la copine de Yann, où nous habitons à chaque fois que nous sommes à Paris. J'y tiens joyeusement la chandelle, mais bon, ils font des efforts pour rester sociables donc ça va.

Et le lendemain il faut se lever à sept heures trente pour aller au travail, dans une sombre banlieue pas loin de celle où j'ai habité un an et demi, Marly le Roi, nous privant ainsi de l'heure et demi de sommeil supplémentaire à laquelle notre statut de télétravailleur nous donne habituellement droit.

Se lever à 7h30 était, expérience faite, un peu large. Nous sommes arrivés à 8h30 au travail, un peu trop tôt donc, enfin bon, tant pis. Le travail s'est plutôt bien passé, avec son lot parisien habituel de réunions, mais bon. Étant donné que nous nous sommes couchés un peu tard le jeudi soir, et que 7h30 c'était un peu tôt, nous avons brillamment corrigé le tir le lendemain, en ignorant superbement le réveil pour se lever à dix heures moins le quart. L'avantage de se lever à cette heure-là, c'est que d'une part, on est moins fatigués, et d'autre part, il n'y a pas ces saloperies d'embouteillages périphériques. Nous sommes donc arrivés à 10h15 au boulot, où nous nous sommes occupés en attendant le boss, qui est arrivé beaucoup plus tard étant donné l'heure de son dernier mail : trois heures du matin. L'après-midi fut, lui, consacré à la réparation de mon filesystem cassé, et donc fut peu productif. Le filesystem, non content de m'avoir fait perdre une après-midi, nous mit même en retard pour le rendez-vous qu'on avait le soir même avec Tomcat, une connaissance "de l'internet" que je n'avais pas encore rencontré pour de vrai (ou, en termes modernes, IRL - in real life).

La soirée rattrapa le reste de la journée, cependant, enfin quelques heures sans ordinateur à proximité, ni même sans en parler - belle performance.
Et il est donc trop tard, je suis crevé de ce voyage, qu'on aurait bien pu, à mon avis, s'éviter. Mais on s'en fout, demain on rentre et c'est ça l'important !

Et voilà l'heure du retour. Le réveil à 9 heures fut facile, le départ à 10h30 presque à l'heure prévue. De légers embouteillages sur le périphérique tentent de nous empêcher de partir, mais un contournement tactique nous permet bientôt d'en sortir pour arriver à Orléans.

 

À Orléans les conducteurs changent (personne, moi le premier, ne veut que je conduise à Paris) et je prends le volant pour 250 kilomètres. Inconsciemment sans doute, je décide de rompre la monotonie des retours et arrive bientôt à Poitiers, 100 kilomètres à l'ouest de Limoges où nous étions censés passer. Mais comme il s'agit du retour l'humeur est bonne et je ne reçois même pas de reproches, de toute façon on était trois dans la voiture et ils avaient qu'à regarder au lieu de dormir. Nous retournons donc à Limoges via une nationale 147 aussi constamment mono-voie que remplie de papys traînants, et, les occasions de doubler prudemment étant rares, nous traînons en coeur. Le reste du voyage se déroule sans heurts mais la fatigue arrivant, la soirée après l'arrivée ne s'éternise pas.

Et voilà donc 1400 kilomètres pour trois jours, à réitérer la semaine prochaine pour visite médicale obligatoire au boulot. Incompréhensible qu'on ne puisse pas la faire à Toulouse.

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