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Un étudiant à Toulouse :

>Changements en pagaille





Après avoir passé 8 mois heureux chez nFactory, certaines circonstances désastreuses m'ont forcé à changer de boulot.

Vers la fin avril, nous avons appris avec surprise que le rachat prévu et terriblement bien parti, d'nFactory par iSyndicate/Bertelsmann, commençait à sentir le cramé. Certaines choses douteuses étaient arrivées, comme par exemple l'annulation du rendez-vous de closing au dernier moment.

Nos acheteurs ont donc retiré leurs billes au tout dernier moment, nous laissant profondément bloqués par la clause d'exclusivité que nous leur avions gentiment signé.

nFactory à court de cash, en redressement puis, faute d'avoir trouvé repreneur, en liquidation, il a fallu chercher un autre boulot.

On était censés se trouver un nouveau travail le plus vite possible. Ce fut chose faite pour moi, environ 10 jours après.

Pour chercher ce nouveau boulot, j'ai utilisé une technique efficace, mais pas si terrible : j'ai posté un message sur le newsgroup fr.emplois.demandes. J'ai dû recevoir une bonne soixantaine d'emails, et plus de 40 coups de téléphones. J'ai passé une dizaine d'entretiens, dont certains furent réellement glauques - un en particulier, dans une vieille SSII moisie et sans envergure, où l'on m'a fait miroiter un téléphone portable de fonction (tss !) après m'avoir dit que j'étais mal habillé et qu'il me faudrait une cravate. Mais bien sûr !

J'ai donc fini par trouver une boîte qui m'avait l'air agréable, où le travail que l'on m'a décrit correspondait à mes attentes (du java !), et où j'étais bien payé. J'étais donc prêt pour y aller.

Hélas, les choses traînaient beaucoup plus du côté de la justice, censée s'occuper de fermer proprement nFactory. J'aurais pu partir immédiatement, comme tout le monde, mais faire cela équivalait à démissionner - auquel cas, adieu le bonus financier qui dorait un peu la pilule. J'ai donc fait comme tout le monde, je suis resté, allant au travail juste pour dire qu'on y était. Le tout, sans un kopeck sur le compte en banque : nFactory n'ayant plus rien, c'était à de sombres organismes étatiques de nous payer nos salaires, d'avril jusqu'à la fin, ainsi que les bonus en question, congés payés et indemnités de préavis. Donc, forcément, ça traînait.

D'autant plus que j'ai dû repousser trois ou quatre fois le début de mon nouveau contrat !

Finalement, une semaine avant le 1er juillet, nFactory a définitivement fermé ses portes ; mon nouveau contrat commençant le 1er juillet en question, j'ai pu aller passer une semaine bénéfique et reposante à Toulouse. Ce qui m'a donné envie d'y retourner "pour de vrai".

Et j'ai donc commencé mon nouveau job. La boîte en question était une web-agency, c'est-à-dire qu'on y faisait des sites webs. Plus spécialement, des sites webs financiers. Étant donné que c'était l'été, il n'y avait pas de boulot. Presque rien à faire. Je me suis retrouvé à corriger des bugs cosmétiques sur un site inintéressant, à faire du HTML, et à compter les jours.

L'ambiance n'était pas terrible non plus dans cette boîte. Elle est située à Courbevoie, à côté de la Défense, c'est-à-dire un cadre horrible, avec des voitures partout, pas de trottoirs pour venir en roller. Les gens n'y étaient pas terriblement marrants, en particulier mon chef de projet, relativement indécis (j'ai plusieurs fois passé une demi-journée à faire quelque chose que j'ai dû annuler le lendemain, parce que non, finalement, ça ne plaisait pas au client) et techniquement pas très à la pointe. Un système hyper-évolué de pointeuse big-brotherienne en ligne, aussi. Un truc nommé "Web TimeSheet", sur lequel il fallait passer une bonne demi-heure tous les jours à noter ce qu'on avait fait, pendant combien de temps, avec les commentaires politiquement corrects qui vont bien, et surtout une validation hebdomadaire, que le chef de projet en question refusait (c'est-à-dire qu'il fallait que je recommence) pour des histoires de virgules mal placées, et qu'il fallait pas que je mette ceci ou cela dans telle ou telle rubrique.

En plus je n'avais pas le droit de bosser avec mon ordi.

Bref ! Un boulot bien payé et moisi comme on trouve sans doute plus que je ne le pensais. C'est peut-être même pour ça qu'il était bien payé. Pour faire passer le moisi.

J'ai donc fini, au bout de trois semaines, à me plaindre à chaque fois qu'on me demandait comment ça se passait. Et à vouloir changer.

Et finalement, Claude, ancien développeur de nFactory, m'a proposé de venir bosser avec lui, dans une petite startup nommée "Savoirweb". J'y suis parti tout de suite. J'ai donné ma démission avec une joie incroyable, et le lundi suivant, j'étais à SavoirWeb.

J'y fais du java (du vrai ! pas du débug de servlets), du php, un peu d'admin système (ce qui est super, car ça m'intéressait beaucoup, et c'est l'occasion de m'y former !), le tout à côté de la Tour Eiffel, avec des gens sympas et intéressants, et avec mon ordi. J'y suis moins bien payé, mais qu'est-ce qu'on s'en fout : je viens de passer un mois de juillet horrible où je me levais à reculons pour aller à reculons faire un boulot inintéressant, et là je suis de nouveau content de me lever.

Et ! Last but not least, comme disent les Anglais : j'en ai profité pour déposer mon préavis d'appart, et trouver un boulot à Toulouse. J'y pars fin septembre. La vie est belle :-)
 
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